La FEANTSA dénonce les politiques toujours plus restrictives de l’Union européenne en matière d’accueil des réfugiés et des migrants

Le 2 mars 2017, la Commission européenne a publié des recommandations et un plan d'action renouvelé en direction des Etats membres concernant l’application de la directive « retours ». Elle incite, dans ce texte, les Etats à accélérer et renforcer leurs dispositifs de reconduite à la frontière des étrangers et à augmenter le nombre de départs.

Pour ce faire, la Commission européenne propose d’accroître l'aide financière accordée aux États-membres par la mise à disposition de 200 millions d'euros en 2017 pour soutenir des mesures nationales en matière de retour. Dans un communiqué, la FEANTSA, dont est membre la Fédération des acteurs de la solidarité, dénonce les politiques toujours plus restrictives de l’Union européenne en matière d’accueil des réfugiés et des migrants. Au lieu de proposer davantage de moyens pour l’intégration des migrants et favoriser les régularisations de travailleurs sans papiers, la Commission européenne propose aux Etats européens d’augmenter les ressources consacrées aux politiques de reconduites à la frontière.

Parmi ses préconisations, la commission demande en outre aux Etats de mobiliser leurs services sociaux et médico-sociaux, dont le secteur de l’hébergement, dans la conduite de ces politiques. Pour la FEANTSA, il est inconcevable que les acteurs de l’accompagnement social participent de près ou de loin à la gestion des flux migratoires. Elle refuse que les associations ou les organismes gestionnaires de centre d’hébergement  « fassent le tri » parmi leurs résidents, et s’oppose à toute demande de transmission d’information aux pouvoirs publics afin de mener ces politiques. Elle estime que ces politiques exacerbent le climat de xénophobie en Europe, et qu’elles contribuent à la défiance qui peut exister entre le secteur du sans-abrisme et celui de l’accueil des migrants (dans beaucoup de pays européens il s’agit souvent de deux secteurs distincts). La FEANTSA formule en conséquence 3 demandes :

  • Mieux définir le rôle des services sanitaires et sociaux dans les procédures de retours, et de ne pas les impliquer dans les procédures qui menacent leurs principes de solidarité et de respect des droits humains, comme par exemple le partage d’informations menant à l’expulsion de résidents et au refus d’accompagnement.

  • Garantir à toutes et tous, quel que soit leur statut, l’accès aux services et infrastructures de base permettant de vivre dans la dignité.

  • Mettre en place des politiques migratoires équilibrées, cohérentes et coordonnées en Europe. 

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