Position accueil, hébergement, logement

CHIFFRES

3,5 millions de personnes mal-logées (source : rapport de la Fondation Abbé Pierre sur l’état du mal-logement en France en 2015)

141 500personnes sans-abri ou en hébergement en 2012 (source : INSEE)

1,8 million de demandeurs de logements sociaux en attente au 1er juillet 2014 (source : système national d’enregistrement de la demande de logement social)

59 500 ménages déclarés prioritaires DALODALODroit au logement opposable (source : Haut comité pour le logement des personnes défavorisés)

62 % des personnes ayant sollicité le 115 n’ont jamais été hébergées (source : rapport annuel du baromètre 115)

CONTEXTE

Sur les dix dernières années, le nombre de personnes sans domicile a progressé de 50 % selon l’INSEE. Dans le même temps, la pauvreté n’a cessé de s’intensifier dans un contexte de crise économique et de chômage, et de nombreux travailleurs pauvres risquent de perdre leur logement faute de moyens suffisants pour payer leur loyer.

Pourtant inscrit dans la loi, le droit à l’hébergement et au logement n’est à ce jour pas respecté puisque 3,5 millions de personnes mal-logées et 55 000 ménages reconnus prioritaires au titre du DALODALODroit au logement opposable (droit au logement opposable) ne sont pas relogés.

Depuis 2012, en moyenne, seulement une personne sur deux qui sollicite le 115 obtient un hébergement, avec une demande en hausse de 10 à 15 % chaque année.

POSITIONNEMENT

L’urgence au détriment de l’accompagnement social et de l’accès au logement

Face à cette situation, qui ne cesse de s’aggraver, l’État privilégie la mise à l’abri au détriment de l’accompagnement social et de l’accès au logement : l’État investit prioritairement sur l’hébergement d’urgence précaire (hôtels, gymnases, lieux d’hébergement sans accompagnement) au détriment de solutions pérennes.

Ces choix, qui rassurent l’opinion publique pour un temps, ne sont pas dignes. Ils réduisent les perspectives d’insertion des personnes, qui passent leur temps à chercher un toit, quel qu’il soit, sans perspective personnelle à plus long terme. Elles font des va-et-vient entre la rue et l’hébergement, et s’épuisent. Le baromètre du 115 montre que 70 % des personnes appelant le 115 sont déjà connues des travailleurs sociaux. Les personnes sont ainsi enfermées dans un système d’urgence sociale et de précarité chronique, coûteux pour l’État, et qui ne permet pas une sortie rapide vers le logement ou l’hébergement pérenne avec un accompagnement.

La gestion saisonnière et « au thermomètre » de la grande exclusion, dénoncée par les associations depuis plusieurs années, persiste également avec la mobilisation de places précaires qui ouvrent et qui ferment pendant l’hiver en fonction des températures, malgré les orientations ministérielles.

Des budgets reflets d’une politique à deux vitesses

L’allocation des crédits budgétaires montrent les orientations politiques et leur traduction : alors les crédits d’hébergement d’urgence ont augmenté de 74 % entre 2011 et 2014 (475,6 millions), le budget dédié à l’hébergement d’insertion (centres d’hébergement et de réinsertion sociale) a seulement connu une légère hausse en 2014, et les financements de l’accompagnement vers et dans le logement et de l’allocation temporaire de logement ont diminué (respectivement - 9,6 % et - 23,6  %).

ACTION

La Fédération des acteurs de la solidarité demande à inverser la logique avec une loi de programmation pluriannuelle d’hébergements pérennes et de logements très sociaux (sous toutes les formes) et la mise en œuvre effective d’un droit à l’accompagnement social.

La réorientation de cette politique pour l’accès au logement des personnes sans-abri relève d’une responsabilité collective : État, collectivités locales, bailleurs sociaux et privés, associations.

C’est aussi le sens du pacte « Sortir de l’urgence » proposé aux pouvoirs publics et à l’ensemble des acteurs intervenant auprès des personnes sans-abri, qui comprend quatre grands engagements collectifs :

  • mobiliser des solutions de sorties durables pour les personnes hébergées temporairement en hiver et celles hébergées en urgence ;

  • adopter une loi de programmation d’hébergements et de logements très sociaux fondée sur les besoins objectivités des diagnostics à 360° ;

  • accéder et se maintenir dans le logement grâce à une politique beaucoup plus dynamique de prévention et de « solvabilisation » des ménages modestes pour prévenir l’exclusion et éviter que les personnes ne basculent dans les dispositifs précaires de l’urgence sociale ;

  • créer un droit à l’accompagnement social dans le code de l’action sociale et des familles.

La Fédération des acteurs de la solidarité est également membre, et porte-parole avec la Fondation Abbé Pierre, du Collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes mal-logées et sans-abri.

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