Position emploi, IAE, formation

CHIFFRES

2,4 millions de chômeurs de longue durée (chiffres Pôle emploi avril 2017)

Environ 3.500 structures d’insertion par l’activité économique

PRECARITE ET EMPLOI DANS NOTRE SOCIETE

La France est confrontée à un chômage structurel : nombreux aller-retour entre travail et chômage, chômage de longue durée, problème d’entrée sur le marché du travail des jeunes… auxquels s’ajoute, dans certains secteurs, une inadéquation entre l’offre d’emploi et les qualifications des demandeurs. Ces difficultés d’accès à un emploi constituent aujourd’hui la première source de précarité et d’exclusion. 

Le chômage de longue durée (supérieur à un an) est en France à un niveau supérieur aux autres pays de l’OCDE. Or le chômage de longue durée fait courir un risque d’exclusion progressif, qui diminue d’autant les chances de retour à l’emploi que s’y ajoute la frilosité des employeurs à recruter une personne ayant connu une longue période de chômage.

L’ANALYSE ET LES PROPOSITIONS DE LA FEDERATION

La Fédération identifie trois conditions pour que les personnes au chômage aient la possibilité de retrouver un emploi : avoir des ressources suffisantes pour vivre décemment et assumer les coûts d’une recherche d’emploi efficace, être formé et ne pas rester privé longtemps d’une expérience professionnelle.

Aujourd’hui il faut avoir travaillé quatre mois à temps plein (sur les 28 derniers mois) pour ouvrir des droits à l’indemnisation chômage, dont la durée maximale est en général de deux ans. Résultat : 50% des personnes recherchant un emploi ne sont pas indemnisées et sont renvoyées vers des minima sociaux. Or ceux-ci sont aujourd’hui inadaptés, voire pas demandés par près de 30% des personnes qui y auraient droit. Le montant du RSARSARevenu de solidarité active est par exemple trop faible. Leur complexité extrême conduit à des iniquités de traitement entre personnes, à une lourdeur administrative importante et à une illisibilité du système.

-       Un accès insuffisant à la formation et aux emplois d’insertion

Deux millions et demi de nos concitoyens sont au chômage depuis plus d’un an. Même en cas de reprise économique, ils ne seront pas recrutés par les entreprises : disqualifiés à leurs yeux, ils rencontrent aussi des difficultés freinant leur retour à l’emploi (logement, santé, garde d’enfants…). La seule solution est de leur permettre d’occuper au plus vite un emploi. Les emplois aidés (emplois en partie financés par l’Etat), particulièrement en période de crise, sont les seuls à apporter justement cette réponse, à donner aux personnes l’habitude du travail et l’acquisition des compétences et expériences que leur réclame le marché du travail. Même aidés, ils restent bien en effet des emplois. Dans les territoires les plus fragiles, ils peuvent même réamorcer une dynamique économique vertueuse, recréant des activités et distribuant un pouvoir d’achat supérieur.

Pour améliorer leur qualité, ils doivent être, sur le modèle de l’insertion par l’activité économique et du travail adapté, assortis d’un accompagnement et d’une formation favorisant la montée en compétences des personnes. Pourtant si environ 500 000 personnes chaque mois échappent au chômage en étant salariées avec un contrat aidé ou un contrat d’insertion dans l’IAEIAEInsertion par l'Activité Économique, plus de 2,5 millions de nos concitoyens attendent un emploi depuis plus d’un an. Trop de personnes, et souvent les plus fragiles, restent encore sans perspectives professionnelles. Quant à la formation, elle ne bénéficie qu’à un demandeur d’emploi sur cinq.

Même formés, accompagnés, et en situation d’emploi dans le cadre d’un contrat aidé, les personnes ne pourront retrouver un emploi de droit commun que si l’économie permet la création d’emplois non délocalisables. L’économie sociale et solidaire, qui repose sur des projets partagés entre habitants et construits à partir de leurs besoins et réinvestit dans ses activités au lieu de rémunérer le capital, offre de réelles solutions pour recréer des emplois durables. Les artisans, TPE et PME sont également essentiels à la vitalité économique et sociale des bassins de vie. Pourtant, faute de moyens, ils n’osent pas toujours recruter ou peinent à trouver des successeurs auxquels transmettre leur savoir-faire.

LES PROPOSITIONS PRIORITAIRES DE LA FEDERATION

  • Pérenniser le régime d’indemnisation chômage en maintenant une durée d’indemnisation de deux ans maximum (3 ans pour les séniors) sans dégressivité de l’allocation ;
  • Fusionner les minima sociaux pour créer un revenu minimum décent de 850 euros par mois ouvert aux personnes sans emploi dès l’âge de 18 ans et attribué automatiquement ;
  • Doubler le nombre de postes dans l’IAEIAEInsertion par l'Activité Économique sur la durée du quinquennat et passer de 350 000 à 500 000 le nombre de personnes en contrats aidés par an en ciblant les territoires les plus touchés par le chômage ;
  • Former chaque année 750 000 demandeurs d’emploi, dans le cadre d’une stratégie pluriannuelle associant les partenaires sociaux, par réorientation des crédits de la formation professionnelle, en ciblant les formations sur de la mise en emploi (via l’alternance, l’apprentissage et les emplois aidés)
  • Développer les expérimentations territoriales favorisant l’accès direct à l’emploi des chômeurs de longue durée ;
  • Lancer une stratégie pluriannuelle de développement de l’économie sociale et solidaire en créant notamment un crédit d’impôt innovation sociale ouvert à l’ESS, s’inspirant du crédit impôt recherche ;
  • Créer une offre d’appui aux artisans et TPE/PME dans leurs démarches de recrutement et d’intégration de salariés en demande d’emploi, mobilisant l’expertise des associations d’insertion et du handicap.

DÉFINITIONS

Chômage de longue durée : situation des actifs au chômage depuis un an ou plus

Chômage de très longue durée : situation des actifs au chômage depuis plus de deux ans

L’insertion par l’activité économique (IAEIAEInsertion par l'Activité Économique) propose, depuis les années 70, un modèle particulier permettant une mise en situation d’emploi des personnes embauchées dans les structures d’insertion (SIAE), assortie d’une formation et d’un accompagnement global, à la fois social et professionnel. Il permet ainsi à des personnes de s’insérer en exerçant des emplois sur des activités socialement utiles et non délocalisables (chantiers de rénovation et construction, entretien d’espaces verts…).Les acteurs de l’insertion par l’activité économique sont nombreux. Ils ont en commun d’embauche, l’accompagnement et la formation de personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières. Les personnes embauchées sont titulaires d’un véritable contrat de travail (par exemple, un contrat d’accompagnement dans l’emploi).

L'Entreprise d’insertion : c’est une entreprise à part entière, qui tire l’essentiel de ses revenus de son activité économique. Les actions d’accompagnement et de formation sont financées dans le cadre d’une convention avec l’Etat. D’autres financements particuliers peuvent être mobilisés pour des actions complémentaires d’accompagnement des personnes dans leur parcours (collectivités territoriales, Pôle Emploi, PLIE, FSE...).

On distingue les EI (entreprises d’insertion qui embauchent en CDD de 24 mois maximum), des ETTI (entreprise de travail temporaire d’insertion, qui recrutent sur la base de contrats de travail temporaires et mettent les salariés en insertion à disposition d’entreprise sur des missions d’intérim).

Atelier et chantier d’insertion (ACIACIAtelier chantier d'insertion) :ils sont créés et portés par une commune, un département, un établissement public de coopération intercommunale, un centre communal ou intercommunal d’action sociale (CCAS ou CIAS), un syndicat mixte, un établissement d’enseignement professionnel et d’enseignement agricole de l’État, une chambre départementale d’agriculture, un organisme de droit privé à but non lucratif (une association par exemple). La structure porteuse est conventionnée par l’État en tant qu’atelier et chantier d’insertion. Ces structures peuvent être éphémères ou pérennes. Leurs activités peuvent s’exercer dans l’ensemble des secteurs d’activité dès lors que les avantages et aides octroyés par l’Etat ne créent pas de distorsion de concurrence et que les emplois ainsi créés ne se substituent pas à des emplois privés ou publics existants.

Association intermédiaire (AI) : l'association intermédiaire se positionne comme un intermédiaire entre des demandeurs d'emploi et des particuliers ou des professionnels (entreprises, collectivités locales, associations, etc.) ayant besoin d'un service : elle embauche les premiers et les met à disposition des seconds, pour réaliser des missions de travail.

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