Position emploi, IAE, formation

CHIFFRES

2,4 millions de chômeurs de longue durée (chiffres Pôle emploi août 2015)

3.500 structures d’insertion par l’activité économique

PRECARITE ET EMPLOI DANS NOTRE SOCIETE

La France est confrontée à un chômage structurel : nombreux aller-retour entre travail et chômage, chômage de longue durée, problème d’entrée sur le marché du travail des jeunes… auxquels s’ajoute, dans certains secteurs, une inadéquation entre l’offre d’emploi et les qualifications des demandeurs. Ces difficultés d’accès à un emploi constituent aujourd’hui la première source de précarité et d’exclusion. 

Le chômage de longue durée (supérieur à un an) est en France à un niveau supérieur aux autres pays de l’OCDE. Or le chômage de longue durée fait courir un risque d’exclusion progressif, qui diminue d’autant les chances de retour à l’emploi que s’y ajoute la frilosité des employeurs à recruter une personne ayant connu une longue période de chômage.

Outre les difficultés d’accès à un emploi, ajoutons qu’aujourd’hui travailler peut ne plus suffire à procurer des ressources pour vivre dignement, avec des conséquences nombreuses sur la santé, le logement, et l’éducation des enfants aboutissant à des processus de désocialisation.

L’ANALYSE DE LA FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité

Confronté à ces nouvelles réalités, le système de protection sociale s’avère aujourd’hui inadapté. Un modèle de société duale voit le jour avec d’un côté ceux qui travaillent régulièrement et bénéficient d’une assurance sociale de bon niveau et de l’autre ceux qui naviguent entre précarité et misère. Les minima sociaux qui ne devraient être qu’un filet de sécurité transitoire, se développent, assimilables à une indemnité de chômage par défaut, et stigmatisant ses bénéficiaires.

La nécessité d’un accompagnement global

Pour permettre aux personnes éloignées de l’emploi de retrouver une place dans la société, un accompagnement à la fois social et professionnel est indispensable. Des difficultés relevant du domaine de la santé, du logement, ou encore de la parentalité doivent être traitées en parallèle de l’accès à la formation et à l’emploi.

Les réformes de Pôle emploi ont montré leurs limites, celui-ci ne pouvant proposer aux personnes un accompagnement global. Le suivi de l’ensemble des demandeurs d’emploi fait défaut dans un contexte de forte augmentation du chômage. Un conseiller gère en moyenne 160 dossiers, ne pouvant s’occuper des plus fragiles. Et lorsque cet accompagnement est confié à des prestataires privés, comme c’est de plus en plus le cas, les résultats ne sont pas à la mesure des enjeux du fait d’une définition aléatoire des objectifs et d’un déficit de maîtrise de cette sous-traitance.

LES PROPOSITIONS DE LA FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité

  • Faire de la lutte contre le chômage de longue durée une priorité nationale
  • Développer l’IAE comme outil social et solidaire de lutte contre le chômage
  • Favoriser la création de l’emploi de qualité au sein des structures de l’insertion par l’activité économique
  • Réorienter les crédits de la formation professionnelle vers les demandeurs d’emploi.
  • Proposer aux entreprises des solutions pour le recrutement et l’intégration des personnes (par un accompagnement à la fois de la personne et de l’entreprise)
  • Renforcer la formation des professionnels du secteur de l’IAE
  • Instaurer à un droit individuel à l’éducation-formation tout au long de la vie : l’Etat garantirait un capital initial de 20 années à l’entrée dans le système scolaire utilisable dans le cadre de la formation initiale ou mobilisable ultérieurement (et augmenté des droits supplémentaires acquis au travers de l’exercice professionnel)
  • Favoriser l’accès des personnes à leurs droits
  • Faciliter l’insertion dans l’emploi des personnes sous main de justice en permettant l’accès des personnes détenues aux SIAE, notamment pour celles les plus éloignées de l’emploi (signature d’un contrat de travail de droit commun, accès à l’accompagnement socioprofessionnel et à la formation…)

L’ACTION DE LA FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité

Développer L’INSERTION PAR L’ACTIVITE ECONOMIQUE

L’insertion par l’activité économique (IAE) propose, depuis les années 70, un modèle particulier permettant une mise en situation d’emploi des personnes embauchées dans les structures d’insertion (SIAE), assortie d’une formation et d’un accompagnement global, à la fois social et professionnel. Il permet ainsi à des personnes de s’insérer en exerçant des emplois sur des activités socialement utiles et non délocalisables (chantiers de rénovation et construction, entretien d’espaces verts…).

Si ce secteur a montré son efficacité, il souffre cependant de la logique d’empilement des dispositifs et de la rigidité de la réglementation, notamment sur les contrats aidés. En résultent des difficultés de plus en plus grandes pour construire des parcours adaptés à la situation des personnes : manque de souplesse dans la durée des contrats aidés, empilement et cloisonnement des dispositifs d’insertion et d’emploi, difficultés à éviter les ruptures entre les temps d’activités des personnes concernées. Il pâtit également d’un maillage insuffisant avec les opérateurs économiques (collectivités locales, Etat, et entreprises).

Pour faire prendre en compte la situation des personnes éloignées de l’emploi dans les politiques publiques, la FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité :

  • intervient auprès des ministères, parlementaires pour faire prendre en compte les atouts de l’insertion par l’activité économique pour lutter contre le chômage de longue durée
  • négocie et assure le suivi de la réforme de l’IAE vis-à-vis des pouvoirs publics
  • accompagne et conseille les associations adhérentes de la FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité au tour de la mise en œuvre de la réforme
  • participe à différentes instances de consultation comme le CNIAE (Conseil national de l’insertion par l’activité économique),
  • Pilote des formations pour devenir encadrant technique

DÉFINITIONS

Chômage de longue durée : situation des actifs au chômage depuis un an ou plus

Chômage de très longue durée : situation des actifs au chômage depuis plus de deux ans

Les acteurs de l’insertion par l’activité économique sont nombreux. Ils ont en commun d’embauche, l’accompagnement et la formation de personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières. Les personnes embauchées sont titulaires d’un véritable contrat de travail (par exemple, un contrat d’accompagnement dans l’emploi).

L'Entreprise d’insertion : c’est une entreprise à part entière, qui tire l’essentiel de ses revenus de son activité économique. Les actions d’accompagnement et de formation sont financées dans le cadre d’une convention avec l’Etat. D’autres financements particuliers peuvent être mobilisés pour des actions complémentaires d’accompagnement des personnes dans leur parcours (collectivités territoriales, Pôle Emploi, PLIE, FSE...).

On distingue les EI (entreprises d’insertion qui embauchent en CDD de 24 mois maximum), des ETTI (entreprise de travail temporaire d’insertion, qui recrutent sur la base de contrats de travail temporaires et mettent les salariés en insertion à disposition d’entreprise sur des missions d’intérim).

Atelier et chantier d’insertion (ACI) :ils sont créés et portés par une commune, un département, un établissement public de coopération intercommunale, un centre communal ou intercommunal d’action sociale (CCAS ou CIAS), un syndicat mixte, un établissement d’enseignement professionnel et d’enseignement agricole de l’État, une chambre départementale d’agriculture, un organisme de droit privé à but non lucratif (une association par exemple). La structure porteuse est conventionnée par l’État en tant qu’atelier et chantier d’insertion. Ces structures peuvent être éphémères ou pérennes. Leurs activités peuvent s’exercer dans l’ensemble des secteurs d’activité dès lors que les avantages et aides octroyés par l’Etat ne créent pas de distorsion de concurrence et que les emplois ainsi créés ne se substituent pas à des emplois privés ou publics existants.

Association intermédiaire (AI) : l'association intermédiaire se positionne comme un intermédiaire entre des demandeurs d'emploi et des particuliers ou des professionnels (entreprises, collectivités locales, associations, etc.) ayant besoin d'un service : elle embauche les premiers et les met à disposition des seconds, pour réaliser des missions de travail.

ImprimerE-mail

Connectez-vous à votre compte