Déploiement des cellules de lutte contre le renoncement aux soins (PFIDASS) dans l'ensemble du territoire

Après une première expérimentation probante menée dans le Gard, un dispositif de lutte contre le renoncement aux soins (la PFIDASS - Plate-Forme d'Intervention Départementale pour l'Accès aux Soins et à la Santé) a été déployé, à travers trois vagues successives, dans les 101 Caisses primaires d’Assurance Maladie (CPAMCPAMCaisses primaires d’assurance maladie).

Qu’est-ce que les PFIDASS ?

Les PFIDASS ont pour but d’identifier les personnes en situation de renoncement aux soins, en coopération étroite avec les acteurs médico-sociaux de l’Assurance Maladie et les partenaires institutionnels et associatifs du tissu local, afin de leur proposer des solutions personnalisées et de les accompagner jusqu’à ce que les soins nécessaires soient réalisés.

Ces cellules de lutte contre le renoncement aux soins se doivent d’être une réponse opérationnelle et départementale pour agir face aux difficultés d’accès aux soins de certains assurés.

Comment faire appel à la PFIDASS ?

Tout professionnel peut faire un « signalement » à la cellule de lutte contre le renoncement aux soins de la CPAMCPAMCaisses primaires d’assurance maladie.

Le signalement se fait via le remplissage d’un formulaire (avec accord de la personne concernée) obtenu auprès de chaque CPAMCPAMCaisses primaires d’assurance maladie. Ce courrier doit être adressé par email, fax ou courrier à l’adresse de la CPAMCPAMCaisses primaires d’assurance maladie de chaque département. Selon les territoires (comme en Isère par exemple), une formation sera nécessaire pour devenir « détecteur » et pouvoir faire ce signalement.

Les agents de l’Assurance Maladie vont ensuite se rapprocher de l’assuré en difficulté et, avec son accord, lui proposer un accompagnement sur-mesure. En fonction de la situation de l’assuré, diverses solutions lui seront proposées : la réalisation d’un bilan exhaustif de ses droits aux prestations avec une explication approfondie de leurs usages (allant par exemple jusqu’à l’accompagnement de la bonne utilisation du chèque ACSACSAide au paiement d'une complémentaire santé), une orientation dans le système de soins (par exemple où effectuer un bilan de santé ou comment trouver un gynécologue) et/ou un accompagnement au montage financier cofinancé par plusieurs partenaires pour faire face à des restes à charge que l’assuré n’est pas en capacité de couvrir.

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La position de la Fédération sur l’accès aux droits

Etant donné les taux importants de non recours aux droits et aux soins, la Fédération salue cette initiative tout en regrettant que les plateformes ne puissent pas être sollicitées directement par les personnes en situation de précarité.

De plus, cette action, aussi pertinente soit-elle, ne peut à elle seule répondre aux problématiques engendrées par les fermetures de guichets d’accueil en CPAMCPAMCaisses primaires d’assurance maladie et la dématérialisation des démarches qui complexifie le recours aux soins des personnes parfois éloignées du numérique. La Fédération demande donc l’accessibilité totale et gratuite au numéro d’appel de la CPAMCPAMCaisses primaires d’assurance maladie, la préservation de l’accueil physique en guichets d’accueils dans les territoires, pour rester au plus près des administrés, et l’amélioration de l’accueil des personnes en guichets en permettant aux agents de passer si nécessaire un peu plus de temps avec des personnes en situation de non recours. Elle soutient et continuera à accompagner dans les territoires les coopérations entre adhérents et CPAMCPAMCaisses primaires d’assurance maladie qui peuvent se matérialiser par des permanences CPAMCPAMCaisses primaires d’assurance maladie dans les structures d’accueil et d’hébergement, ou des rencontres d’informations régulières entre les CPAMCPAMCaisses primaires d’assurance maladie, le public et les équipes socio-éducatives.

TEMOIGNAGES D’ASSURES TRANSMIS PAR L’ASSURANCE MALADIE

« Mon fils devait se faire soigner à l’hôpital Necker de Paris. La PFIDASS s’est occupée de me faire avoir l’accord pour le transport, aussi pour avoir un hébergement et dormir sur place à proximité de l’hôpital. Ils ont fait les papiers avec l’hôpital. J’ai pu prendre la route le soir même et faire soigner mon fils. Je remercie la PFIDASS qui m’a aidé à accomplir ces démarches difficiles et faire soigner mon fils. C’était comme un espoir qui m’était donné pour m’aider à lutter pour mon fils. J’ai trouvé des gens pour me soutenir et me donner la force de continuer. » Madame H. 51 ans, accompagnée par la PFIDASS de Nice

« J’ai rencontré une belle personne, d’une gentillesse exceptionnelle, d’une humanité remarquable, qui m’a guidée, qui m’a accompagnée dans toutes mes démarches administratives, pas à pas pour la pause d’un bridge en céramique…Elle m’a redonné le sourire, le bonheur, et vraiment comme je le disais je n’y croyais pas au début, ça m’a apporté du bonheur, cette personne était très à l’écoute et m’a vraiment soutenue moralement toujours en me disant il faut y croire en PFIDASS on peut faire quelque chose pour vous. Mme C. ne fait pas un travail mais elle a une passion qui la pousse à aider les autres et c’est très rare, un grand merci à Mme C et à toute l’équipe. Si je connais quelqu’un qui a besoin d’aide, je n’hésiterai pas une seule seconde à vanter les excellents services de PFIDASS. » Madame D. 62 ans, accompagnée par la PFIDASS de Toulouse

« J’ai été suivie par le service de la PFIDASS. Au tout début je n’étais même pas au courant de cette branche de la CPAMCPAMCaisses primaires d’assurance maladie. Je ne connaissais pas leur existence mais depuis que je les côtoie ils ont changé ma façon de penser envers les services sociaux. Ils m’ont beaucoup aidé et grâce à leurs conseils, leurs orientations et leur générosité, surtout leur écoute je m’en sors beaucoup mieux qu’avant. Je ne saurais les remercier car ils ont répondu à mes attentes, bien au-delà de mes espérances. » Madame H., accompagnée par la PFIDASS de Nice

Selon les chiffres de l’Assurance maladie, 35 433 assurés ont bénéficié de ce dispositif depuis 2016, soit une moyenne de 325 assurés pris en charge chaque semaine en France. Parmi l’ensemble des accompagnements près d’un dossier sur deux a abouti à une réalisation des soins, 12 701 assurés ont vu leurs droits ouverts, 6 030 ont été mieux orientés dans le système de soins, 4 480 ont bénéficié d’un montage financier, et 1 392 assurés ont pu bénéficier d’une orientation vers un partenaire1.

 


1 Chiffres au 30 mars 2018 calculés sur la base des 71 organismes ayant déployé le dispositif à cette date

 

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