Stratégie contre la pauvreté : premier groupe de travail cette semaine

Le 4 décembre, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, et Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes, ont présenté au Conseil national des politiques de lutte contre l’exclusion la concertation visant à élaborer une stratégie de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes. La concertation démarrera ce vendredi et la stratégie sera annoncée au printemps.

Dès le début du nouveau quinquennat, la Fédération des acteurs de la solidarité et ses partenaires du collectif Alerte ont rappelé au gouvernement la demande qu’ils avaient formulée pendant la campagne présidentielle : le vote d’une loi de programmation de lutte contre la pauvreté, fixant un cadre interministériel ambitieux et un budget pour la mise en œuvre d’une série de politiques de sortie de la pauvreté.
Les différents échanges avec le Gouvernement pendant l’été et l’automne ont abouti mi-novembre à la nomination d’un délégué interministériel, Olivier Noblecourt, dédié à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes. Sa mission ? Elaborer une stratégie de lutte contre la pauvreté puis en suivre la mise en œuvre sur la durée du quinquennat. Pour élaborer cette stratégie, le délégué interministériel a prévu une concertation d’un trimestre, prenant la forme de six groupes de travail nationaux et de rencontres régionales thématiques, pour une annonce de la stratégie courant mars 2018.

Co-présidés par une personnalité qualifiée et un élu (député ou élu local), les six groupes nationaux se réuniront cinq à six fois et devront remettre une note d’une quinzaine de pages proposant au gouvernement des mesures à adopter.

Au-delà de leurs intitulés précis, les différents groupes traiteront notamment de l’accès des enfants de famille en situation de précarité aux lieux d’accueil du jeune enfant et de leur réussite scolaire, de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes et de la sortie de l’aide sociale à l’enfance, de l’accès à la santé des enfants et des familles, de l’inclusion bancaire, de l’accès aux droits et de l’accompagnement social ou encore de l’hébergement d’urgence. Seront aussi abordés des expérimentations et programmes menés par des entreprises pour proposer des produits et services adaptés à une population à faible revenu. Enfin, un groupe sera intégralement dédié à la gouvernance, c’est-à-dire au pilotage des politiques à partir des territoires.


Invitée à la réunion exceptionnelle de lancement au CNLE, la Fédération des acteurs de la solidarité, qui avait rencontré Olivier Noblecourt dès sa nomination, participera à plusieurs de ces groupes :
1/ « Éradiquer la pauvreté des enfants » Présidé par Nathalie Casso-Vicarini (Ensemble pour l’éducation de la petite enfance) et Frédéric Leturque (Maire d’Arras)
2/ « Prévenir la vulnérabilité des jeunes et favoriser leur insertion » Présidé par Antoine Dulin (Vice-président du Conseil économique, social et environnemental) et Fiona Lazaar (députée)
4/ « Accès aux droits et aux services, lutte contre le non recours » Présidé par Matthieu Angotti (Directeur général du CCASCCASCentre communal d'action sociale de Grenoble) et Aurore Bergé (députée)
5/ « Un accompagnement renforcé dans la lutte contre l’exclusion » Présidé par Christine Laconde (Samu Social Paris) et Alain Régnier (ex-DIHALDIHALDélégation interministérielle à l'hébergement et à l'accès au logement)

La Fédération des acteurs de la solidarité salue la volonté du Gouvernement de se fixer une stratégie quinquennale, de prendre en compte l’enjeu capital de prévention de la pauvreté et la nécessité d’intervenir auprès des enfants et des jeunes, deux axes qu’elle proposait dans sa plateforme de propositions aux candidats à l’élection présidentielle. Elle attend toutefois que cette stratégie puisse avoir les moyens de son ambition et sera extrêmement vigilante sur l’articulation de cette politique avec d’autres plans gouvernementaux à venir, sur les migrants, la protection de l’enfance, la santé, l’hébergement et le logement ou encore l’emploi et la formation professionnelle. Si la stratégie « pauvreté » venait en effet à ne pas avoir de prise sur ces différentes politiques, ses effets pour les personnes aujourd’hui pauvres seraient particulièrement limités.


La Fédération partage ainsi l’enjeu de construire le futur mais rappelle la nécessité d’agir massivement et rapidement, a fortiori en pleine période hivernale, pour les près de 9 millions de personnes vivant actuellement sous le seuil de pauvreté. Elle apportera sur ces deux volets son expertise et présentera les solutions opérationnelles que déploient ses adhérents.

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