Baromètre 115 de novembre 2017 - L’hiver, toujours plus dur pour les sans-abri

Le Président de la République annonçait en juillet que « Plus personne [ne serait] à la rue cet hiver ». Malgré cet engagement, les associations ne constatent pas d’amélioration quant à l’accès à l’hébergement et à l’accompagnement des personnes sans-abri cet hiver.

Ce présent article dresse un état des lieux des demandes d’hébergement adressées au numéro d’urgence le 115 par les personnes sans solution d’hébergement, ainsi que les réponses qui leur ont été apportées. Ces données portent sur le mois de novembre 2017 et concernent cinq départements et une ville, parmi les plus exposés au sans-abrisme : le Nord, les Bouches du Rhône, le Rhône, le Val d’Oise, la Seine-Saint-Denis et Paris.
Dans la plupart des départements observés, les associations ont dû faire face à une impréparation du plan hiver, une pénurie de sites mobilisables pour l’hébergement avec une ouverture de places au compte-goutte en fonction des températures et de mises à disposition des bâtiments. Les 115-SIAOSIAOServices Intégrés d'Accueil et d'Orientation restent confrontés à un manque crucial de places ne permettant pas de répondre à l’ensemble des demandes d’hébergement, ce qui se traduit par des taux de non-attribution très élevés. En outre, l’offre existante demeure largement insuffisante et inadaptée à certains ménages, comme en témoigne le nombre important de familles confrontées à des demandes non pourvues.
Les associations s’inquiètent également d’un phénomène croissant de non recours au 115, les personnes à la rue renonçant à appeler le numéro d’urgence faute de places disponibles et de solutions adaptées à la composition du ménage.

Dans le Nord :

-    Parmi les 3 587 personnes qui ont appelé le 115 en novembre 2017 pour une demande d’hébergement, 87% n’ont pas été hébergées.
-    Dans ce département, seulement 6% des demandes ont abouti à un hébergement pour une ou plusieurs nuits.
-    Parmi les personnes ayant fait une demande d’hébergement, 52% étaient des familles, 33% des hommes seuls et 8% des femmes seules.

Dans les Bouches du Rhône :

-    Parmi les 2 217 personnes qui ont appelé le 115 en novembre 2017 pour une demande d’hébergement, 53% des personnes n’ont jamais été hébergées c’est-à-dire qu’elles ont eu une réponse systématiquement négative à chaque appel.
-    Dans ce département, seulement 34% des demandes ont abouti à un hébergement pour une ou plusieurs nuits.
-    Parmi les personnes ayant fait une demande d’hébergement, 66% étaient des hommes seuls, 23% des familles et 10,5% des femmes seules

Dans le Rhône :

-    Parmi les 3 158 personnes qui ont appelé le 115 en novembre 2017 pour une demande d’hébergement, 83% des personnes n’ont jamais été hébergées
-    Dans ce département, seulement 8% des demandes ont abouti à un hébergement pour une ou plusieurs nuits.
-    Parmi les personnes ayant fait une demande d’hébergement, 25% étaient des hommes seuls, 60% des familles et 9% des femmes seules.

Dans le Val d’Oise :

-    Parmi les 2 521 personnes qui ont appelé le 115 en novembre 2017 pour une demande d’hébergement, 20% des personnes n’ont jamais été hébergées
-    Dans ce département, seulement 39% des demandes ont abouti à un hébergement pour une ou plusieurs nuits.
-    Parmi les personnes ayant fait une demande d’hébergement, 76% étaient des familles, 12% des hommes seuls, et 8% des femmes seules.

En Seine Saint-Denis :

-    Dans ce département, seulement 17% des demandes ont abouti à un hébergement pour une ou plusieurs nuits.
-    Parmi les 2 134 personnes ayant fait une demande d’hébergement, 80% étaient des familles, 12% des hommes seuls, et 5% des femmes seules.

A Paris :

-    Parmi les 35 380 demandes d’hébergement exprimées par appel au 115 (ce qui représente 5 900 personnes différentes), 25% ont abouti à un hébergement pour une ou plusieurs nuits.
-    Parmi les personnes ayant fait une demande d’hébergement, 53% étaient des familles, 33% des hommes seuls, et 10% des femmes seules.


Alors que 5 000 places d’hébergement hivernales avaient été pérennisées au printemps dernier, les associations s’inquiètent de la fermeture des places hivernales à partir du 31 mars, et de ce fait, de la remise à la rue de milliers de personnes. La Fédération des acteurs de la solidarité déplore la gestion au thermomètre du sans abrisme et demande que ces places soient pérennisées.

Nous défendons le droit à l’hébergement pour tous et toutes indépendamment de l’âge, du sexe, de la composition familiale, de l’état de santé et du statut administratif des personnes ; le principe d’inconditionnalité de l’accueil constituant la pierre angulaire du secteur de l’accueil, de l’hébergement et de l’insertion. Enfin, nous demandons que le gouvernement mobilise tous les moyens nécessaires afin de développer l’accès direct au logement dans le cadre du plan Logement d’abord.

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