Baromètre de janvier 2014 - Des demandes de prestations en hausse cet hiver

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À deux mois de la fin de la période hivernale, les résultats du  baromètre de janvier 2014 dressent une nouvelle fois des constats inquiétants. En plein hiver, alors que les capacités d’hébergement ont été renforcées sur les territoires, 58 %  des demandes d’hébergement ne donnent toujours pas lieu à un hébergement sur les 37 départements de l’échantillon, et 41 % à Paris. Malgré le renforcement du dispositif d’urgence, le constat reste inchangé : le droit à l’hébergement demeure ineffectif faute de solutions suffisantes et adaptées aux besoins des publics. Le chemin à parcourir reste long pour offrir des solutions d’hébergement aux personnes qui le sollicitent, toute l’année.

Une mise à l’abri temporaire

Dans les 37 départements et à Paris, les places ont été renforcées pour offrir des solutions temporaires aux personnes. L’augmentation du nombre d’attributions constatée entre novembre et décembre 2013 se poursuit en janvier 2014. Ainsi, 42 % des demandes d’hébergement ont donné lieu à une attribution de place contre 39 % le mois précédent dans les 37 départements ; et 59 % en janvier à Paris. Cette légère amélioration de la prise en charge fait suite à la mobilisation renforcée en janvier 2014 de places en structures temporaires (+ 36 %), et de nuitées hôtelières (+12 %).
Sur les 37 départements, ces solutions supplémentaires (+13 %) ont permis d’héberger plus de personnes en janvier. Ainsi, parmi les 16 424 personnes qui ont sollicité le 115, 5 027 ont pu être systématiquement hébergées (contre 4 921 en décembre soit 2 % d’amélioration). Le nombre de personnes jamais hébergées a  également baissé (- 2,4 %).  Il demeure cependant trop important : 7 020 personnes se sont vues opposer un refus à chacune de leur demande.
L’ouverture des places hivernales ne s’est pas faite dans tous les départements, la logique du thermomètre demeure avec un niveau de mobilisation des places hivernales qui dépend toujours de la dégradation des températures.

Adapter structurellement l’offre aux besoins des publics

Régulée par le thermomètre, l’offre d’hébergement d’urgence s’adapte plus aux conditions climatiques qu’aux besoins des personnes. Les demandes d’hébergement  ont progressé de 4 % entre décembre et janvier, alors que le nombre de personnes qui sollicite le 115 est stable. Les chiffres du baromètre montrent que l’organisation du dispositif alimente les portes tournantes de l’urgence.  Une partie de l’augmentation de l’activité du 115 est due à une réitération des demandes par les personnes. Le défaut de solutions proposées aux personnes et/ou la durée courte des séjours qui leur sont attribués génèrent des demandes multiples : l’organisation du dispositif oblige les personnes à réitérer plusieurs fois leur demande, dans l’espoir de trouver une réponse.

Parmi les demandes d’hébergement, les demandes des familles restent les plus nombreuses, cependant, ce sont les demandes des personnes isolées qui augmentent le plus en janvier (+ 8 %). Les demandes des femmes seules ont augmenté de 11 % sur les 37 départements, et de 24 % sur Paris. Les demandes des femmes seules sont plus nombreuses en hiver, lorsque les capacités du parc sont renforcées et permettent un hébergement. Ainsi en janvier, l’ouverture des places temporaires a permis d’héberger un tiers des femmes seules ayant fait une demande d’hébergement.

À la faiblesse des réponses apportées, s’ajoutent l’inadaptation des réponses et l’incapacité du dispositif d’hébergement à favoriser l’accès à des solutions durables pour les personnes à la rue. 72 % de celles qui ont appelé le 115 en janvier 2014 (ou pour lesquelles un appel a été passé) étaient ainsi déjà connues par le dispositif d’urgence. Dans la majorité des cas, les solutions d’hébergement proposées le sont pour une courte durée. La plupart des départements applique en effet l’alternance de l’aide pour répondre à un plus grand nombre de demandes : une solution d’hébergement est proposée pour une, deux  ou trois nuits seulement – généralement sans évaluation sociale - puis les personnes sont remises à la rue, les obligeant à recomposer le 115. Le principe de continuité de l’accueil n’est donc toujours pas effectif. Le dispositif maintient encore les personnes dans un système de ‘’portes tournantes’’, en ne leur offrant qu’une mise à l’abri ponctuelle. Il ne leur offre pas un lieu où elles puissent se poser, mettre fin à des logiques de ruptures, pour envisager une solution plus pérenne et adaptée à leur situation et leur permettre ainsi de sortir de la rue.

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Mots-clés: Baromètre

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