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Un tour en Europe - Lutte contre la grande pauvreté : Demandons plus à l'Europe !

europeLa Fédération des acteurs de la solidarité s’est rendue à Bruxelles les 26 et 27 septembre aux côtés des autres membres français de la FEANTSA pour demander aux institutions de l’Union européenne une mobilisation accrue contre la grande pauvreté, en particulier le sans-abrisme, en augmentation dans quasiment tous les pays européens. Retour sur les principales problématiques abordées.

Pour des fonds européens préservés et mieux orientés

Nous avons rappelé notre attachement à la politique de cohésion de l’Union, c’est-à-dire aux fonds européens (FSEFSEFonds social européen, FEDER, etc), qui subit une pression à la baisse du fait de la montée de l’euroscepticisme et de la multiplicité des autres défis alors que l’on manque de financement à l’échelle européenne. Nous avons également pointé du doigt l’incapacité actuelle des fonds à toucher véritablement les plus exclus, alors que la pauvreté a augmenté de manière importante depuis 2010 en Europe avec la crise économique et les politiques d’austérité.

Mieux identifier le sans-abrisme et la grande exclusion dans la programmation des fonds reste donc indispensable si l’on souhaite les mettre au service de la lutte contre les inégalités et renforcer l’attachement des citoyens à l’Europe. Nous avons également pu interpeler les institutions sur l’extrême complexité de gestion des fonds structurels en France, notamment le FSEFSEFonds social européen et le FAMIFAMIFonds Asile Migration et Intégration, qui freine l’accès des associations à ces types de financements.

Pour une véritable Europe sociale

L’adoption récente du socle européen des droits sociaux doit être l’occasion d’élargir les critères selon lesquels les États européens sont jugés dans le cadre du semestre européen, outil annuel permettant à la Commission de faire des recommandations aux États-membres, qui doivent ensuite s’y conformer. Lors de ces rencontres, nous avons notamment encouragé le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, à renforcer la dimension sociale de cet outil, qui doit permettre de sortir d’une approche purement macroéconomique des politiques publiques.

Pour une politique de l’asile respectueuse des droits fondamentaux

Nous avons exprimé notre inquiétude à propos de la réforme, en cours, de plusieurs textes européens concernant l’asile. Alors que cette réforme prône un renforcement des sanctions pouvant être prises à l’égard des personnes sous statut Dublin, nous avons décrit la situation de grande précarité que vivent nombre d’entre elles, dont des familles. Nous avons également rappelé le coût d’une telle politique pour l’État, l’importance du respect du principe de l’inconditionnalité de l’accueil, et le besoin de davantage de moyens pour la procédure de demande d’asile et l’accompagnement des demandeurs. Au vu de l’importance de l’échelon européen dans la lutte contre la pauvreté, notamment en matière de financements et de la politique de l’asile, nous poursuivrons ce travail de plaidoyer en direction de la Commission, des parlementaires et du gouvernement français. Il faudra notamment une mobilisation collective pour préserver le montant des fonds structurels, en améliorer substantiellement le fonctionnement et mieux les orienter vers la lutte contre les exclusions.

Laura Slimani

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