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Grand angle/NOS PROPOSITIONS - La détresse des mineurs non accompagné

La Fédération des acteurs de la solidarité et la CNAPE (Fédération des associations de protection de l’enfant) portent, pour la première fois, une parole commune dans le cadre de la réforme de l’accueil des mineurs non accompagnés (MNAMNAMineurs non accompagnés) en France. Pour elles, les MNAMNAMineurs non accompagnés sont avant tout des enfants et des adolescents. Leur prise en charge doit être assurée de manière collective par les différents acteurs publics dans le cadre de la protection de l’enfant, impliquant un engagement fort des institutions (État, Éducation nationale, Santé et solidarités, Justice…), au-delà simplement des conseils départementaux. Développer des centres de ressources et d’évaluation des besoins dans les territoires, proposer un hébergement et un accompagnement renforcé à tous les jeunes se déclarant mineur pendant le temps nécessaire à l’évaluation de leurs besoins fondamentaux individuels et non plus uniquement de leur minorité, sont des exemples d’actions concrètes indispensables. Un accompagnement pluridisciplinaire renforcé (santé, accès aux droits, prévention spécialisée, asile...), avec des moyens pour l’interprétariat aiderait ces jeunes, en rendant notamment possible une ouverture immédiate de leurs droits avant une orientation adaptée. Si la protection proposée aux MNAMNAMineurs non accompagnés doit rester dans le giron de la protection de l’enfance et ce, depuis la déclaration de minorité, l’État doit participer aux réponses apportées, en fi nançant notamment des centres ressources permettant l’évaluation des besoins fondamentaux. L’accompagnement proposé pendant la minorité doit, selon nous, être pensé et mis en oeuvre par les acteurs de la protection de l’enfance de manière à assurer une continuité après le passage à la majorité, dont l’accompagnement relève des acteurs de droit commun. Ainsi, pour garantir la continuité de la prise en charge à la majorité, il convient de développer massivement des dispositifs d’hébergement et d’accompagnement pour les 16/25 ans, indépendamment du statut du jeune (mineur ou majeur), en s’appuyant sur des fi nancements croisés département et État. Ces dispositifs doivent non seulement permettre d’accueillir des MNAMNAMineurs non accompagnés et les jeunes devenus majeurs, mais également tout autre jeune qui doit être protégé, en fonction de ses besoins et de ses projets. ●

Marion Lignac

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