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Grand angle/NOS PROPOSITIONS - Pour en finir avec la précarité des enfants, des adolescents et des familles

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© Julien Jaulin
Dans un contexte de paupérisation de la société dans son ensemble et d’augmentation des inégalités, la pauvreté change de visage. Elle touche de plus en plus de familles, d’enfants et d’adolescents.

Malgré les rapports qui dénoncent l’évolution de la pauvreté des enfants et ses conséquences sur leur santé et leur bien-être, ces situations progressent. Elles vont jusqu’à contraindre nombre de familles à vivre à la rue, face à des politiques publiques qui ne parviennent pas à enrayer cette situation et une opinion publique qui réagit peu. En accompagnant ces familles, souvent dans des situations d’urgence, les associations de solidarité jouent de fait un rôle dans l’éducation et le développement de l’enfant. Celuici est d’autant plus important que la précarité sociale a un impact sur le développement de l’enfant et qu’elle aura des conséquences sur sa construction en tant que futur adulte. L’enfant a besoin de confiance, de sécurité, de stabilité, de régularité et de repères pour se construire psychologiquement. Ces conditions sont très difficiles à réunir pour les familles défavorisées en situation de précarité et d’extrême pauvreté.

INVESTIR DANS L’ENFANCE ET LA JEUNESSE

Ces constats et enjeux appellent une mobilisation forte de la Fédération des acteurs de la solidarité sur les questions d’enfance et de famille, selon des logiques de prévention et d’investissement dans la solidarité. Dans cette perspective, sont présentées ci-après des propositions qui guideront les positions de la Fédération pour la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté des enfants et des familles, dévoilée au printemps 2018 à l’issue d’une concertation qui démarre en cette fin d’année.

GARANTIR LE LOGEMENT DES FAMILLES, DES ENFANTS ET DES ADOLESCENTS

Pour que les enfants et leur famille ne deviennent plus invisibles, soient logés et accompagnés s’ils en expriment le besoin, il est nécessaire de mettre un terme au maintien à l’hôtel d’enfants, d’adolescents et de familles, et de trouver des solutions rapidement aux jeunes mères qui appellent le 115 en sortant de maternité . La reconnaissance d’un droit à l’unité familiale, afin de préserver les liens familiaux et l’adaptation des lieux d’habitat pour permettre le respect de l’intimité de l’enfant, de l’adolescent et de sa famille est également primordiale.

GARANTIR LA SANTÉ PHYSIQUE ET PSYCHIQUE DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT

L’investissement dans la santé des enfants et des adolescents passe par le renforcement des politiques de prévention, notamment de santé psychique, tout particulièrement des enfants victimes et témoins de violences conjugales. Les moyens financiers des PMIPMIProtection maternelle et infantile permettant de développer des équipes mobiles devraient être renforcés. L’école doit aussi jouer son rôle de lutte contre la reproduction des inégalités sociales en garantissant un accès à une médecine scolaire de qualité, car il s’agit pour certains enfants de l’unique consultation médicale, et un accès gratuit à la cantine scolaire pour les familles vivant sous le seuil de pauvreté.

GARANTIR L’ACCÈS À L’ÉDUCATION ET À LA CULTURE DES FAMILLES ET DES ENFANTS

Face au rôle crucial de l’école dans la lutte contre les inégalités sociales, la mise en place d’états généraux de l’inégalité scolaire semble être un préalable pour créer les conditions de réussite de tous les jeunes. Cela permettrait notamment de garantir la gratuité de l’aide et du soutien scolaire à l’école.

FAIRE PRIMER LES DROITS DE L’ENFANT SUR SON STATUT ADMINISTRATIF

La garantie d’un accueil inconditionnel des enfants de moins de trois ans en structures d’accueil, quelle que soit la situation des parents poursuit un objectif de mixité sociale et de bon développement de l’enfant. Il s’agit avant tout de considérer l’ensemble des mineurs comme des enfants qui ont des besoins identiques, avant d’appréhender leur situation sous le prisme de « migrants », notamment pour les mineurs non accompagnés.

PRENDRE EN COMPTE LA PAROLE DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT

Il est nécessaire de développer des lieux d’accueil permettant aux parents, aux enfants et adolescents de s’exprimer et d’être écoutés et entendus. Il convient également de développer des outils adaptés à l’accueil des enfants et des adolescents au sein des dispositifs d’hébergement pour favoriser leur participation. ●

Marion Lignac

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