Baromètre 115 - Juillet 2013

L’année 2013 devait marquer sinon une rupture, du moins un premier pas vers la sortie de la gestion saisonnière de l’exclusion. Les chiffres du baromètre estival du 115 montrent que l’accueil des sans-abri continue de se dégrader, pour atteindre cet été un triste record : 76 % des demandes d’hébergement au 115 n’ont pas trouvé pas de réponse.

 

 

  Baromètre 115 - Juillet 2013

 

Synthèse

L’année 2013 devait marquer sinon une rupture, du moins un premier pas vers la sortie de la gestion saisonnière de l’exclusion. Les chiffres du baromètre estival du 115 montrent que l’accueil des sans-abri continue de se dégrader, pour atteindre cet été un triste record : 76 % des demandes d’hébergement au 115 n’ont pas trouvé pas de réponse.

Des demandes toujours aussi nombreuses

Les demandes enregistrent cet été une nouvelle progression, après avoir légèrement diminuées au printemps. En juillet 2013, les demandes d’hébergement au 115 sont équivalentes à celles enregistrées sur la période hivernale, témoignant s’il en était encore besoin que l’urgence sociale ne se limite pas aux périodes de grand froid. Eté comme hiver, les personnes sollicitent un hébergement.

Pire, certaines de ces demandes sont la conséquence directe de la poursuite de la gestion saisonnière du dispositif d’hébergement. La fermeture des places du plan hivernal génère mécaniquement remises à la rue et hausses de la demande dans la foulée. Les créations et pérennisations de places annoncées ne sont toujours pas effectives sur beaucoup de territoires, n’offrant ainsi pas d’alternatives. Les demandes des personnes remises à la rue s’ajoutent à l’augmentation des demandes des familles qui continuent leur progression. Les demandes des personnes en famille ont progressé de 62% depuis juillet 2012, et de 26% par rapport au début de l’année (janvier 2013).

Une absence criante de réponses en été

Pris entre une demande qui ne cesse de croître et des solutions d’orientation en diminution, les écoutants du 115 ne répondent positivement qu’à 24% des demandes d’hébergement en juillet. En cause ? Une absence de réponses suffisantes d’hébergement et d’accompagnement, et un parc AHIAHIAccueil, d’hébergement et d’insertion saturé empêchant toute sortie vers des solutions plus durables.

L’absence de places disponibles demeure la raison principale de la non satisfaction des demandes d’hébergement, et atteint cet été un triste record : elle explique 83% des demandes qui n’ont pas donné lieu à un hébergement contre 70% pendant l’hiver, et 72% en juillet dernier. La détérioration des réponses s’explique par la fermeture progressive des places hivernales, mais également par une baisse des orientations vers les places d’hébergement d’urgence et vers l’hôtel (-29% par rapport à janvier 2013). Les attributions ont ainsi été marquées par une baisse de 47% depuis janvier, soit 13 000 orientations de moins environ. Face à la pénurie de places d’hébergement, aggravée en été, la sélection des publics est inévitable – et les principes d’inconditionnalité et de continuité de l’accueil sont bafoués.

Redonner à l’urgence sociale sa vocation initiale

La fin d’année s’annonce difficile, il est donc urgent d’agir pour redonner des perspectives aux personnes sans-abri ainsi qu’aux travailleurs sociaux des 115 et de la veille sociale. Rendons à l’urgence sociale sa vocation initiale : immédiate, inconditionnelle avec une prise en charge de courte durée et un accompagnement orienté vers l’accès à une solution pérenne. Les propositions à développer doivent donc s’inscrire dans une perspective de renforcement des moyens d’accompagnement et de développement d’une offre de sortie de l’urgence prioritairement axée sur le logement.

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