Position Égalité femmes / hommes

CONTEXTE ET CHIFFRES

« Personne ne se libère seul, personne ne libère autrui, les femmes et les hommes se libèrent ensemble »

(Paulo Freire in Pédagogie des opprimés).

Parmi les 8,6 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, 4, 7 millions sont des femmes.

Ainsi dans la catégorie des travailleurs pauvres, soit environ 3,7 millions de personnes, 70 % sont des femmes, exerçant un emploi leur procurant un revenu inférieur à 964 euros mensuels.

Les femmes sont par ailleurs majoritaires parmi les allocataires du Revenu de solidarité active (RSA) dont elles représentent 57 % des bénéficiaires en 2010.

Les familles monoparentales sont constituées pour 85% d’entre elles par des femmes. 31 % sont allocataires du RSA.

D’une part, les femmes constituent la quasi-totalité des allocataires du RSA « socle majoré » qui a remplacé l’allocation de parent isolé (api), et, d’autre part, elles représentent aussi le tiers des bénéficiaires du RSA « activité » qui permet aux travailleurs dont les revenus sont faibles de compléter leur salaire.

"Le taux de féminisation des emplois à temps partiel avoisine 82 %", révèle en effet l'étude Femmes et Précarité du Conseil économique, social et environnemental (CESE) publiée en février 2013 et le rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur la "politique d'égalité professionnelle en France" publié en janvier 2013note que "la France fait partie des pays mobilisant le plus de temps partiel pour les femmes ayant des enfants de moins de 15 ans à charge".

"La rémunération annuelle brute des femmes est inférieure de 24 % à celle des hommes et l'écart est de 14 % si l'on neutralise l'effet du temps partiel", note le rapport Femmes et Travail. Par ailleurs, 13,7 % des femmes sont rémunérées au smic, contre 7,4 % des hommes. De tels écarts salariaux s'expliquent notamment par la concentration des femmes dans les métiers les moins qualifiés et par leur forte présence dans l'emploi à temps partiel. En outre, note le "guide" publié le 1er mars par le Défenseur des droits, "les méthodes d'évaluation et de classification des emplois, en reproduisant des stéréotypes sexués, sous-valorisent les emplois occupés majoritairement par les femmes

D’où que l’on prenne les chiffres, la précarité touche majoritairement les femmes.

Mais la précarité des femmes n’est pas une fatalité : elle est le produit d’un système qui précarise spécifiquement les femmes, directement (variable d’ajustement) ou indirectement (non-prise en compte de leur situation spécifique dans et autour de l’emploi et plus largement dans la société).

Si le travail social peut (doit) faire une R-évolution, il doit alors, à son tour, interroger sa pratique quant à l’accompagnement social des femmes en prenant en compte l’ensemble des inégalités entre les femmes et les hommes afin de modifier tant sa façon de parler que sa façon d’agir.

Si les femmes représentent 40% des personnes hébergées alors commençons par les nommer. Cessons d’utiliser à outrance des termes comme « personnes » « jeunes » « familles monoparentales » « seniors » car ces termes cachent derrière eux des réalités bien différentes pour les femmes et les hommes.   Faisons l’effort de produire des statistiques sexuées qui permettront de mieux connaître nos publics et leurs besoins spécifiques.

Parce que nous ferons cet effort, nous parviendrons à mieux lutter contre nos vieilles habitudes : des conseils d’administration majoritairement composés d’hommes, des directions majoritairement composées d’hommes, des tables rondes, colloques… majoritairement animés par des hommes comme si les femmes vivaient à côté.

Parce que nous serons capables de changer nos représentations, nous serons capables de rendre au travail social le cœur de son action : accompagner les femmes et les hommes dans une dynamique d’émancipation et d’autonomie.

Parmi les propositions formulées, il s’agit tout d’abord de rendre visibles les femmes et leurs problématiques par des statistiques sexuées. Il faut également identifier, pour en sortir, les clichés et représentations pour accompagner les femmes et les hommes vers une activité professionnelle de leur choix et non guidée par une vision stéréotypée des filières possibles. Pour cela, il faut sensibiliser et former les intervenants sociaux aux questions de genres pour qu’ils n’enferment pas leur pratique professionnelle dans des clichés qui peuvent relever de convictions personnelles ou induites par leur propre parcours.

 

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