Lancement du label « crèches à vocation d’insertion professionnelle »

En France, une famille sur cinq est monoparentale, et un tiers d’entre elles vivent sous le seuil de pauvreté. La garde d’enfant peut constituer un frein important au retour à une activité en l’absence de mode d’accueil adapté pour les jeunes enfants.

Face à ce constat, le ministère des Affaires sociales et de la Santé, le ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, le ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, la CNAF et Pôle emploi ont publié, le 30 mai 2016, une charte lançant le label « crèches à vocation d’insertion professionnelle ». L’objectif est d’obtenir l’adhésion de 100 lieux d’accueil pour jeunes enfants à ce label d’ici la fin de l’année 2016.

Les crèches à vocation d’insertion professionnelle ont pour mission de favoriser l’accès à l’emploi des parents solos via la conjugaison d’un accueil en crèche pour les enfants et d’un accompagnement personnalisé à la recherche d’emploi par Pôle emploi. Cet accompagnement personnalisé repose sur deux intervenants Pôle emploi : l’un sur le champ de l’emploi,par ailleurs référent du parcours, l’autre sur le champ social. La CAF peut également intervenir dans le cadre d’un « rendez vous des droits » visant à faciliter l’ouverture des droits sociaux.

Pour obtenir le label « crèche à vocation d’insertion professionnelle », les associations doivent :

  • proposer 30% de places dédiées par établissement ;
  • accueillir l’enfant au minimum trois jours de huit heures par semaine et proposer une amplitude journalière d’au moins 12 heures mais l’établissement d'accueil du jeune enfant(EAJE) peut « préciser la volumétrie et les périodes pendant lesquelles il est en mesure d’accueillir les enfants » ;
  • permettre une adaptation des horaires et des périodes d’accueil en fonction des besoins de formation du parent ;
  • avoir travaillé sur un projet d’accueil adapté à ce public.

Ces éléments doivent être transmis à leur CAF de rattachement, où une commission dédiée a pour mission de valider les demandes d’adhésion dans le cadre des schémas départementaux de services aux familles.

Afin de bénéficier de cette offre, les parents doivent être volontaires. Ils peuvent être orientés par tout acteur ayant repéré un besoin, notamment Pôle emploi, l’EAJE ou une association d’accompagnement social. Un contrat est alors signé par l’ensemble des parties (le parent, Pôle emploi et l’EAJE) pour une durée de six mois, renouvelable une fois.

Si les crèches à vocation d’insertion professionnelle constituent une véritable réponse aux difficultés de mode de garde rencontrées par les familles précaires, plusieurs limites à cette charte méritent d’être soulignées. D’une part, on ne peut que regretter le conditionnement de la place en crèche pour l’enfant au respect du contrat signé avec Pôle emploi par le parent, et plus généralement le peu d’attention porté au développement de l’enfant en tant que tel.

En effet, si le parent rompt le contrat pour diverses raisons, la crèche peut décider de ne plus accueillir l’enfant et met ainsi fin à l’accueil et aux liens créés jusque-là. D’autre part, les garanties financières sont assez faibles puisqu’est seulement proposé aux EAJE s’engageant dans cette démarche la bonification éventuelle de prestation au titre fonds public et territoire.

Téléchager la charte des "crèches à vocation d'insertion professionnelle"...

 

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