Violences conjugales : quel positionnement politique de la Fédération ?

Suite aux demandes d'associations du réseau de la fédération, le conseil d'administration a décidé d'actualiser le positionnement sur les violences conjugales. Deux enquêtes, l’une auprès des SIAO et l’autre auprès des adhérents de la fédération, ont été réalisées afin de faire un état des lieux des modalités d’accueil des personnes victimes de violences et des pratiques d'accompagnement.

Ces deux enquêtes ont permis de mettre en lumière la diversité des associations qui accueillent et accompagnent des femmes et des hommes victimes de violences conjugales : des associations spécialisées qui n’accueillent que des femmes victimes de violences, qui ont parfois un positionnement très fort, souvent d’inspiration féministe, des associations qui accueillent des femmes ou tout public, et qui accompagnent des personnes victimes de violences conjugales parmi d’autres, qui se questionnent souvent sur les différents positionnements et pratiques autour de ces problématiques. Une variété de modalités de prises en charge et d’accompagnement des victimes et des auteurs de violences conjugales ont également émergés de ces enquêtes.

Le groupe d’appui national sur les violences conjugales a ainsi proposé au conseil d’administration une note actualisée qui s’appuie sur les textes internationaux et notamment la convention d’Istanbul qui stipule dans son préambule : ‘’Condamnant toutes les formes de violences à l’égard des femmes et de violences domestiques (…) ; Reconnaissant que la violence domestique affecte les femmes de manière disproportionnée et que les hommes peuvent également être victimes de violences domestiques ; Reconnaissant que les enfants sont des victimes de la violence domestique, y compris en tantque témoins de violences au sein de la famille ;’’

L’article 3b précise que « Le terme « violence domestique » désigne tous les actes de violence physique, sexuelle, psychologique, administrative ou économique qui surviennent entre des anciens ou actuels conjoints ou partenaires, indépendamment du fait que l’auteur de l’infraction partage ou a partagé le même domicile que la victime ». Les violences conjugales sont une des formes des violences intra-familiales.

Tout en rappelant que les victimes des violences conjugales sont très majoritairement des femmes, la fédération prend en compte la diversité des associations de son réseau et des pratiques d’accompagnement tant des hommes et des femmes victimes de violences,  que des auteurs de ces violences.

Une enquête nationale sur les violences subies et les rapports de genre (VIRAGE) pilotée par l’INED est en cours. Près de quinze ans après l’enquête ENVEFF, il s’agit d’actualiser et d’approfondir la connaissance statistique des violences faites aux femmes et d’étendre son champ d’investigation à la population masculine. Cette enquête quantitative de grande envergure concernera 25 000 personnes (12 500 femmes et 12 500 hommes).

Le conseil d’administration de la fédération a suspendu les travaux du groupe d’appui national jusqu’à la publication des résultats de cette enquête.

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