Position Femmes victimes de violences

CHIFFRES

75 000 femmes victimes de violences chaque année

En 2014, 143 personnes sont décédées en France sous les coups de leur conjoint(e) ou ex-conjoint(e)

Tous les 3 jours, une femme meurt sous les coups de son compagnon (source : étude annuelle de la délégation aux victimes du ministère de l'Intérieur – juin 2015)

Tous les 14,5 jours, un homme meurt sous les coups de sa compagne ou de son compagnon

Qu’est-ce que la violence conjugale ?

Quand on parle de violence conjugale on ne parle pas de couples dans lesquels se développent conflits, litiges ou divergences ; on fait référence à des couples dans lesquels l’un cherche à contrôler et dominer l’autre avec une atteinte volontaire à son intégrité, une emprise, un conditionnement dont il est difficile de sortir lorsqu’on en est victime. Pouvoir et contrôle vont s’exercer dans tous les domaines de la vie : déplacements, horaires, insertion professionnelle, relations amicales, autonomie sociale, relations familiales, questions financières, questions de santé, etc. Ces violences s’exercent de façon imprévisible et répétée sur des périodes qui peuvent être très longues avant que les femmes qui en sont victimes ne reconnaissent la dangerosité de leur conjoint et demandent de l’aide.

Les violences conjugales, premières causes de la précarité féminine

Les femmes victimes de violences conjugales et familiales ne sont pas, dans la grande majorité, des femmes sans abri mais des femmes en danger dans leur foyer. Mais la violence peut être un facteur de précarisation. D’autres formes de violence apparaissent en outre lorsqu’on retrace le parcours des femmes en situation de détresse, et en particulier des violences familiales pendant l’enfance. Les victimes de violences conjugales sont dans un mode de relation basé sur le contrôle et la domination. L’auteur de violence réduit ou annule l’altérité, les différences de sa partenaire, pour la transformer en objet. La peur s’installe comme un des moteurs de cette maltraitance : elle permet la mise sous emprise, même après la séparation. Au-delà des problèmes de santé physique, ce processus destructeur provoque une usure mentale (diminution de leurs capacités à réagir) qui peut mener jusqu’au suicide.

Quitter le domicile familial est toujours une décision difficile à prendre, lourde de conséquences notamment lorsqu’il y a des enfants. D’autant que l’image de la femme en très grande précarité, sans domicile, est plus souvent stigmatisée que celle de l’homme. Le sentiment de rejet et de discrédit social plus présent conduit les femmes à des stratégies d’invisibilité qui consistent à cacher tout signe extérieur de précarité et les éloigne des dispositifs d’aide.

Des spécificités à prendre en compte

L’accompagnement des personnes victimes de violence s’avère particulier du fait de nombreux freins : mal-être psychologique, difficulté à porter plainte contre l’agresseur, enfants pris dans la crise du couple, etc. L’accompagnement doit ainsi à la fois assurer la protection des victimes, l’accompagnement dans les démarches et la prise en charge des enfants.

Un arsenal législatif en plusieurs temps

Les lois du 5 avril 2006 et du 9 juillet 2010 et tout récemment la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes du 4 août 2014 ont permis de renforcer la prévention et la répression des violences au sein du couple.

PROPOSITIONS

  • Donner à la personne victime le choix de son lieu de vie : les personnes doivent avoir le choix de rester ou de partir et la société doit garantir la sécurité de celles et ceux qui souhaitent rester dans leur logement. Dans cette perspective, les possibilités de contrôle judiciaire socio-éducatif, de prise en charge psychologique et d’hébergement pour les auteurs de violences doivent être renforcées.
  • Offrir des temps d’hébergement souples : parce qu’il faut du temps à une personne pour envisager la rupture avec l’auteur de violences, la personne doit pouvoir bénéficier de      processus permettant des allers-retours
  • Abandon de la médiation pénale : compte tenu du lien particulier qui unit la victime et l’auteur de violence, la médiation pénale est inefficace, voire contreproductive.
  • Prévenir les violences : des actions de formation et d’information doivent être mises en œuvre auprès  des jeunes.
  • Accompagner les auteurs et les victimes de violences : les auteurs de violence doivent pouvoir bénéficier d’un relogement en cas d’éloignement et d’un accompagnement      social et psychologique, condition indispensable pour que la famille      puisse dépasser la situation de violence.
  • Protéger les enfants : pendant la période qui suit la révélation des violences, les enfants doivent bénéficier d’une protection systématique : une décision judiciaire provisoire relative aux modalités d’exercice de l’autorité parentale doit  être prise immédiatement.
  • Améliorer la formation des intervenants sociaux sur la question des violences conjugales

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