Position jeunes

Position

CHIFFRES

Plus de 20% des 18-25 ans vivent sous le seuil de pauvreté (INSEE)

23% des actifs de moins de 24 ans sont au chômage (INSEE 2015)

Environ 150.000 jeunes quittent l’école sans qualification chaque année

Les 18-25 ans représentent plus de 25% des personnes accompagnées par les associations adhérentes

PRECARITE ET JEUNESSE DANS NOTRE SOCIETE

Les jeunes de 18 à 25 ans sont tout particulièrement touchés par les phénomènes de précarité et de pauvreté. Cela s’explique notamment par l’absence de ressources pour les jeunes sans soutien familial alors même qu’ils ne peuvent bénéficier du RSARSARevenu de solidarité active que dans des conditions restrictives. Cela constitue un frein majeur à la réalisation de leurs projets (difficulté d’accéder à une formation, à un logement, à la santé, à la culture…).

Au-delà, les politiques à l’égard des jeunes reposent sur une conception linéaire de l’accès à la vie adulte et professionnelle : scolarité jusqu’à 18 ans, formation professionnelle avec à la clé un diplôme, accès à un emploi. Les jeunes qui ne parviennent pas à s’inscrire dans cette trajectoire (notamment ceux qui quittent précocement le système scolaire) sont stigmatisés et restent souvent sans solution.

L’incapacité des pouvoirs publics à apporter des réponses appropriées à la situation actuelle de la jeunesse dans la société conduit à opposer deux catégories de jeunes : les insérés et les exclus.

ANALYSE

Les jeunes de 18 à 25 ans représentent une part importante des personnes accueillies dans les centres d’hébergement : ils y sont surreprésentés au regard de leur proportion dans la population française. Cela est en partie la conséquence de politiques publiques à l’égard des jeunes inadaptées aux évolutions sociétales.

Depuis 35 ans, ces politiques n’ont pas permis de réduire le chômage et particulièrement le chômage des jeunes, mais ont au contraire généré une précarité croissante. En effet, elles reposent sur une logique de dispositifs spécifiques, qui s’empilent, non pérennes (par exemple les emplois jeunes, les emplois d’avenir) par catégories de jeunes (étudiants, jeunes en difficulté…), loin d’une politique globale et cohérente qui permet un continuum au-delà de l’âge arbitraire de 25 ans.

Par ailleurs, nombre de jeunes adultes de 18 à 25 ans sont en situation de devoir assumer leur autonomie alors qu’ils n’en ont pas les moyens (absence de soutien familial, de formation, d’emploi). Ils se trouvent dans une situation de déni de droit notamment du fait de l’absence d’accès aux aides et dispositifs de droit commun.

En conséquence, les centres d’hébergement, en accueillant ces jeunes exclus de tout, constituent le dernier rempart contre la grande exclusion. Cela constitue-t-il une réponse satisfaisante et une politique publique à l’égard des jeunes ?

L’ACTION DU RESEAU : ACCOMPAGNER LES JEUNES

Le rôle des adhérents Fédération des acteurs de la solidarité est de proposer outre un hébergement ou un emploi, un accompagnement social global adapté aux besoins de chaque personne. Dans son réseau, les jeunes peuvent être accueillis par des établissements spécifiquement dédiés à l’accompagnement des jeunes ou par des associations généralistes qui accueillent toute personne en situation de précarité.

Pour mener à bien ces missions, les associations peuvent nouer des partenariats tant avec les missions locales qu’avec les acteurs de la santé, du logement, de la protection de l’enfance…

ACTION POLITIQUE

La Fédération des acteurs de la solidarité a initié et co-piloté une plateforme[1] regroupant des associations et organisations de jeunesses et d’éducation populaire, des structures d’insertion, d’hébergement ou de santé. Objectif : co-construire un diagnostic et des propositions partagés pour proposer une politique adaptée à la situation de la jeunesse. Cette plateforme « Pour un big bang des politiques jeunesse » (lien site) a été présentée aux candidats à l’élection présidentielle de 2012 et au nouveau gouvernement.

Plus largement, la Fédération des acteurs de la solidarité intervient auprès des pouvoirs publics dans le cadre des nouvelles dispositions qui concernent les jeunes, comme les emplois d’avenir, la garantie jeunes ou encore la prime d’activité. Elle propose régulièrement des amendements à des projets de loi qui concernent la jeunesse.

PROPOSITIONS

L’Etat garantirait un capital initial de 20 années de formation à l’entrée dans le système scolaire utilisable dans le cadre de la formation initiale ou mobilisable ultérieurement (et augmenté des droits supplémentaires acquis au travers de l’exercice professionnel). Une allocation serait versée à tous les jeunes en remplacement des diverses aides versées aux familles au titre des enfants majeurs, ainsi que des bourses d’enseignement. Elle permettrait à chaque jeune de construire son autonomie, libérant notamment les familles modestes d’une charge qui pèse sur les relations parents-enfants, et permettant à chaque jeune de faire des choix de formation indépendamment des enjeux financiers.

Le travail et l’activité sont pour chacun un facteur de dignité. Ils procurent ressources, reconnaissance et contribuent au sentiment d’utilité et d’insertion. L’ensemble des employeurs des secteurs marchands et non marchands doivent être mobilisés afin de proposer aux jeunes une entrée dans la vie active qui ne passe pas systématiquement par la précarité. Les jeunes, comme tous, doivent pouvoir accéder au travail dans les conditions du droit commun (statut du contrat, temps de travail, rémunération…).


[1] Fédération des acteurs de la solidarité, CNAJEP, UNIOPSS, FNMF, UNML, JOC, MRJC, UNHAJ, ANACEJ, ANMDA, CNLAPS, GNDA, ACE, Amicale du Nid, CEMEA, CINEMA, CMJCF, CNFR, Concordia, CPCV, EEDF, EFPP, Fondation de l’Armée du Salut, FCPE, FCSF, FFMJC, Fédération Léo Lagrange, FNCMR

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