Appel pour un plan d’urgence !

Actualités

Le Collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement a lancé un appel d’urgence aux pouvoirs publics mercredi matin lors d’une conférence de presse organisée dans un des centres d’hébergement d’Emmaüs Solidarité. Les associations ont ainsi renouvelé leurs exigences en matière de mise à l’abri des personnes en souffrance sociale, et rappelé que si des transformations structurelles étaient nécessaires, la situation actuelle appelait à la prise de mesures très rapides, via un plan d’urgence afin de d’offrir des solutions aux personnes victimes d’exclusion.

 

Etat d’urgence : les voyants sont au rouge sur les territoires

Lors de leur prise de parole, Christophe Robert et Eric Pliez, tous les deux porte-parole du Collectif des associations unies, ont présenté la situation d’extrême tension qui frappe actuellement de nombreux territoires : les territoires historiquement tendus mais également des départements de taille moyenne relativement épargnés jusque là.

La crise de 2008 produit ses effets, et les voyants de la précarité sont au rouge : 10% de la population active au chômage,  8,6 millions de personnes vivent avec moins de 960 euros par mois (taux de pauvreté), 40 000 personnes expulsées chaque année de leur logement suite à des impayés locatifs.

Le Collectif demande au gouvernement de réagir alors que les amortisseurs qui compensaient l’effondrement social sont à plat. Les filets de sécurité ne parviennent plus à prévenir les situations d’exclusion, ni à proposer aux personnes une solution lorsqu’elles se retrouvent à la rue. Les chiffres du baromètre estival de la FNARSFNARSFédération nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion sociale sont édifiants : 70 % de réponses négatives aux demandes d’hébergement faites au 115115Numéro d’urgence sociale anonyme et gratuit pour les sans-abri dans 37 départements de l’observatoire, contre 50% en moyenne sur les cinq mois d’hiver. Conséquence conjuguée de l’afflux des demandes et des fermetures des places hivernales, voire de certaines structures pérennes cet été faute de financement. De plus en plus de personnes et de familles se retrouvent contraintes de vivre à la rue, ou sont hébergées sur un temps très court puis laissées à nouveau à leur triste sort. Que dire des démantèlements de camps sans solution de relogement ?

Cette situation engendre des tensions croissantes inacceptables : menace de dépôt de bilan pour des organismes confrontés à des difficultés financières, perte du sens et de la qualité du travail social pour les professionnels confrontés à l’inapplication de principes d’action pourtant structurant (inconditionnalité et continuité de l’accueil). Désespoir, enfin, pour les personnes démunies.

Le Collectif a déjà interpellé la ministre en charge du logement et de l’égalité des territoires, Cécile Duflot, sur l’urgence de mesures immédiates pour répondre à la situation dans une lettre envoyée le 26 juillet dernier. Sans réponse, le collectif renouvelle son alerte. Nous ne pouvons pas regarder ailleurs alors que la maison brûle.

Les associations ont pris acte de chantiers qui vont dans le bon sens et rappelé leur engagement vis à vis du travail amorcé par le nouveau gouvernement en matière de logement. Ce travail doit être consolidé, notamment sur l’application effective de la loi SRUSRUSolidarité et renouvellement urbains (loi), la lutte contre l’habitat indigne (alors que le budget de l’ANAH et la capacité financière du crédit immobilier de France inquiètent), et la construction de 150 000 logements sociaux dans un contexte financier contraint. Les membres du Collectif ont confirmé par ailleurs leur volonté de co-construire le plan quinquennal sur l’hébergement et l’accès au logement, et plus largement sur la lutte contre la pauvreté et l’exclusion.

 

Un plan d’urgence d’abord !

Quoi qu’il en soit, ceux qui souffrent ne peuvent plus attendre une réforme structurelle dont les effets se mesureront sur le long terme. Il faut très rapidement donner des perspectives aux personnes les plus fragiles, premières victimes de la crise, par la mise en œuvre d’un plan d’urgence territorialisé.

Les associations attendent des engagements rapides du gouvernement, et demandent ainsi la mise en œuvre de cellules d’urgence territorialisées sous l’égide du Préfet. Ces cellules auraient la responsabilité :

Le pilotage de ce plan d’urgence doit se faire avec les acteurs de l’urgence et de l’insertion (institutionnels comme associatifs) mais aussi de la Santé, de la Justice, des collectivités locales, ainsi qu'avec les personnes accueillies elles-mêmes... La situation ne peut plus attendre. Le collectif attend du gouvernement des mesures rapides, concrètes et volontaristes !

Imprimer

Vous n'avez pas encore de compte? Inscrire maintenant!

Connectez-vous à votre compte