Fin du plan hiver : la FNARS interpelle les pouvoirs publics

115

La fin de la période hivernale n’évitera pas, cette année encore, son lot de remises à la rue alors que les structures d’hébergement temporaires ferment progressivement. Louis Gallois, Président de la FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité, a interpellé les pouvoirs publics sur ce constat d’échec mercredi 3 avril à l’occasion d’une visite médiatisée au 115 de Seine-Saint-Denis, géré par l’association Interlogement 93, qui assure l'écoute du 115 du département.

 

Une situation de l’urgence qui se dégrade

La dégradation du nombre de personnes à la rue, que met en évidence le baromètre du 115 (+28% entre février 2012 et février 2013 sur les 37 départements de l’échantillon), est le reflet visible d’une société qui génère de plus en plus de précarité et d’exclusion. Si ce n’est pas un phénomène nouveau, il s’accélère au rythme de la crise économique mondiale et touche de plus en plus les familles (+ 72 % par rapport à l’hiver 2012).

Face à cette augmentation sensible du nombre de demandes, l’État a augmenté la mobilisation de places temporaires cet hiver, sans attendre la baisse des températures. Si l’État a apporté des réponses supplémentaires, elles sont insuffisantes et inadaptées pour répondre aux demandes. Seule la moitié des demandes, en plein hiver, donne lieu à un hébergement et les solutions proposées restent inadaptées pour enrayer le phénomène d’exclusion.

Les personnes se voient proposer une simple mise à l’abri humanitaire dans des locaux précaires inadaptés (casernes, gendarmeries, locaux hospitaliers, gymnases, hôtel, lits picots dans des structures d’hébergement en sur capacité ….) et un hébergement discontinu et de court terme, sans accompagnement social permettant d’envisager des solutions plus pérennes vers le logement.

Des remises à la rue inévitables

Afin d’anticiper le mieux possible la fin du dispositif hivernal et rompre avec la gestion au thermomètre, le gouvernement s’est engagé dans l’élaboration de projets territoriaux de sortie de l’hiver pour assurer la continuité de la prise en charge et éviter les remises à la rue. Mais l’exercice ne permettra pas d’éviter les remises à la rue, faute d’évaluation suffisamment fine des besoins et de possibilité financière d’adapter l’offre à ces deniers.

Dans l’attente de la mobilisation effective des solutions visées par les PTSH,  le dispositif hivernal se prolonge sur de nombreux territoires. Un prolongement partiel qui n’évitera pas les remises à la rue qui seront moins visibles mais effectives. Aujourd'hui certaines places hivernales ont d’ores et déjà fermées, sans que des solutions de relogement aient pu être systématiquement proposées. Viendront s'ajouter à ces remises à la rue pour fermetures de structure :

Un changement de modèle qui s’éloigne

Les solutions mobilisées pour la sortie d’hiver sont essentiellement tournées vers l’urgence et la mise à l’abri. Elles ne pourront suffire. L’enjeu est de sortir d’un système d’hébergement d’urgence, qui n’offre pas de perspectives durables aux personnes. Si des créations de places d’hébergement sont nécessaires pour répondre aux besoins immédiats, ces places doivent être de qualité, assurer une prise en charge continue, avec une évaluation sociale et un accompagnement adapté comme le prévoyait la circulaire du 4 janvier sur la sortie d’hiver. Or cela n’est pas le cas, comme le montrent les solutions préconisées par les PTSH : des solutions de mises à l’abri (hébergement d’urgence, chalet, village mobile, accueil de nuit, de nuitées hôtelières) sans accompagnement social.

Le gouvernement doit poursuivre la transformation structurellement la politique conduite en direction des personnes sans abri ou mal logées, aujourd’hui trop guidée par l’urgence. Il doit orienter la politique d’hébergement vers l’accès au logement avec un accompagnement social adapté. Sans ces réponses, la seule perspective pour certains de nos concitoyens sera de vivre durablement à la rue. Ce n’est pas la société que nous voulons.

 

Lire le baromètre flash du 28 mars 2013

Pour aller plus loin : Comment fonctionne le plan hivernal ?

 

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