Un centre d'hébergement consacré à la culture et à la citoyenneté

C'est quasi un centre culturel qui s'est ouvert le 25 juillet à Paris. Mais il s'agit d'un centre d'hébergement ouvert sur le quartier du 10ème arrondissement. Le centre Louvel-Tessier mise sur le théâtre, les arts plastiques et le cinéma pour aider à la réinsertion des personnes.

 

En descendant de leur chambre, ceux qui encore hier dormaient à la rue, pourront tomber nez à nez avec des acteurs, des peintres, des photographes... Le centre Louvel-Tessier d'Emmaüs Solidarité (ex Association Emmaüs Paris), fait le pari de donner aux personnes hébergées accès à l'art et à la culture à travers des ateliers théâtre et arts plastiques, un ciné-club et des événements ouverts au public extérieur. Ce centre, qui ouvre le 25 juillet à Paris pour les hébergés, après une complète réhabilitation, dispose d'un rez-de-chaussée entièrement consacré à la pratique culturelle, avec un auditorium de 50 places.

Notion de plaisir

« Nous voulons travailler sur toutes les dimensions de la personne, pas seulement sur le logement et l'insertion, explique Frédérique Kaba, directrice de territoire à Emmaüs Solidarité. La notion de plaisir est trop souvent oubliée dans l'accompagnement de ces publics. » A partir de janvier 2012, l'atelier théâtre de la compagnie du Théâtre du Bout du monde aura scène ouverte ici. Comme l'atelier de la plasticienne Agnès Caffier qui travaille la Plastiline. Une matière, qui ressemble à la pâte à modeler, et permet de mêler le cinéma d'animation et le théâtre d'ombre pour exprimer ses sensations et son univers. L'association Belleville en Vue animera un ciné-club mensuel et présentera des films sur le thème des cinémas du monde, suivi de débats.

Un lieu militant

« Ce lieu reste un espace d'habitat citoyen », souligne la directrice. Il peut aussi bien accueillir les répétitions d'une troupe de théâtre de quartier dans son auditorium, que le conseil de quartier. Car les hébergés sont eux aussi des habitants. « Cet endroit donne une chance aux hébergés d'être vus et considérés en citoyens comme que les autres », souligne Hélène Thouluc, chargée de mission culture à Emmaüs Solidarité. « Elles pourront aussi être identifiées dans le quartier comme les participants d'un spectacle et non simplement comme des personnes hébergées », ajoute Philippe Guérin, directeur du Théâtre du bout du monde.

Des rencontres photographiques

« Le centre d'hébergement veut devenir un lieu repère du quartier du 10ème arrondissement de Paris », résume Frédérique Kaba. Dès le mois d'octobre, par exemple, il sera l'un des 70 espaces d'exposition participant aux Rencontres photographiques du 10e arrondissement de Paris avec ses accrochages, ses rencontres et ses débats autour de la photographie professionnelle. Les hébergés participeront s'ils le souhaitent aux événements organisés en partenariat avec les institutions culturelles, comme le Point Ephémère, les bibliothèques et le Conservatoire.

 

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