"Un chez soi d’abord" : l’expérimentation du Logement d'abord par une association écossaise

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La FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité participe au projet  Grundtvig, qui permet de se rendre dans des pays partenaires européens pour expertiser les expériences en matière de Logement d’abord. La première visite s’est tenue en Ecosse, à Glasgow. L’association nationale Turning Point Scotland a développé une expérimentation de logement d'abord auprès de personnes sans abri confrontées à des problèmes d’addiction.

L’association TPS compte environ 1000 salariés au niveau national. Elle réunit divers services, addictions/toxicomanie, santé mentale, justice, handicap, sans abrisme.

La philosophie qui prime au sein de l’association est de remettre le choix de la personne au centre du projet et de s’appuyer sur les compétences de la personne pour co-construire l’offre d’accompagnement avec elle.

Contenu

L’expérimentation reprend le modèle américain développé par l’association Pathways to housing dans les années 90, avec certaines spécificités :

-          Projet qui s’adresse aux personnes en très grande précarité et qui ont été régulièrement exclues de tous les dispositifs classiques d’hébergement présents sur la ville car ne respectant pas les obligations liées au projet d’insertion et à la réduction des addictions imposées par les établissements. Personnes qui ne sont pas forcément considérées comme "aptes à accéder au logement".

-          Proposer un logement de droit commun et permanent : la personne est locataire en titre et signe un bail de droit commun. Appartements dispersés dans la ville.

-          Les personnes ne sont pas « obligées » de mettre fin à leurs addictions pour pouvoir intégrer cette expérimentation.

-          La personne choisit le logement

-         Les personnes bénéficient d’un accompagnement social global et pluridisciplinaire, avec une particularité : l’accompagnement social est réalisé par des travailleurs pairs (c'est-à-dire des personnes qui elles-mêmes ont vécu à la rue et ont été confrontées à des problèmes d’addiction.) L’approche pluridisciplinaire est assurée grâce à un partenariat fort formalisé avec les services de santé et services sociaux de la ville de Glasgow. Il y a un principe de ‘rotation’ entre les travailleurs pairs qui au bout d’un certain temps suivent d’autres personnes. Chaque personne se voit désigner deux travailleurs pairs et un référent social de la mairie de Glasgow.

-          Le choix des personnes est au centre du projet (sur l’intensité des rencontres avec les travailleurs pairs par exemple).  

Le projet a démarré en février 2011. 13 personnes ont intégré cette expérimentation.

 Organisation :

-          Equipe composée de 7.5 ETP personnes de TPS (un manager de l’expérimentation à 50% et en temps plein:1 coordinateur, 2 travailleurs sociaux qui coordonnent l’intervention de 4 travailleurs pairs) + 1 thérapiste mis à disposition par la ville de Glasgow.

-          1 travailleur pair suit 5 personnes (a priori cela va être élargi à 10 personnes). Ces travailleurs pairs travaillent sur la gestion du logement, la réduction des addictions, l’insertion dans le quartier … Ils rencontrent la personne (vont chez la personne) une à 5 fois par semaine (parfois deux fois dans la même journée). Ces rencontres durent 1 à 3 heures.

-          L'équipe intervient de 8h à 20h du soir et assure une veille téléphonique si besoin 7j/7.

-          Les personnes sont orientées par les services de la mairie. Un processus de 6 semaines est engagé pour évaluer l’éligibilité de la personne à l’expérimentation.

-          En cas de problème, l’association assure la continuité de la prise en charge avec une orientation vers un autre logement ou une orientation vers une solution vers un des services de l’association

-          Le loyer est pris en charge par le système écossais d’aides au logement. Par contre, les locataires paient toutes les charges liées à la consommation d’énergie.

 Les points positifs du projet :

-          Existence d'un partenariat fort avec les « Housing associations », qui gèrent les logements sociaux. Obligation statutaire des collectivités locales de proposer un logement à toute personne enregistrée comme sans abri sur la ville. Le bailleur social, sollicité par la ville, doit alors donner un logement dans un délai raisonnable.

-          Partenariat consolidé avec les services de santé de la ville.

-          Connaissance par la police de cette expérimentation, ce qui permet une souplesse sur la question des addictions des personnes locataires et d’assurer aussi la sécurité des équipes de l’association, le cas échéant.

-          Le rôle des travailleurs pairs apporte une véritable plus-value dans l’accompagnement  des personnes.

 Les points négatifs du projet :

-          Pas de financement pour l’ameublement du logement or c’est une condition de l’appropriation du logement par la personne pour se sentir chez elle.

-          Isolement social des locataires même si l’objectif est de faire le lien avec les structures de proximité du quartier.

-          Dans un contexte de chômage, le travail sur l’insertion professionnelle est difficile.

-          Soutien politique de la mairie de Glasgow difficile à obtenir.

Le rapport présentant l'expérience écossaise est téléchargeableici .

Pour plus d'informations sur l'association Turning Point Scotland, aller sur le site suivant http://www.turningpointscotland.com/what-we-do/homelessness/housing-first/

 

 

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