La fin de la gestion au thermomètre : un engagement encore avorté pour 2013

La fin de gestion au thermomètre constitue une des mesures phare du plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale. Sa mise en œuvre, très attendue par les acteurs associatifs pour apporter des perspectives durables aux personnes sans-abri, peine à aboutir malgré l’ambition souvent réaffirmé du gouvernement. 2012 devait amorcer le changement de cap avec la mise en œuvre des plans territoriaux de sortie d’hiver, et 2013 constituer une année de transition.

Déception. L’organisation de l’hiver ne laisse présager aucun changement de modèle mais un habillage de forme : pas de circulaire hivernale, mais un guide national relatif à la prévention et à la gestion des impacts sanitaires et sociaux liés aux vagues de froid 2013-2014 qui sera diffusé aux préfets dans les prochains jours. Deux fiches traitent de la veille saisonnière pour le dispositif d’accueil des personnes sans-abri. Sur le fond, pas de changement non plus avec le recours à des solutions de mises à l’abri supplémentaires de novembre à mars ; et la possibilité laissée aux préfets de renforcer les dispositifs de veille sociale (maraudes, 115, accueils de jour et de nuit). 

Perplexité. L’hiver risque d’être l’un des plus durs que nous ayons connus ces dernières années alors que la situation de l’urgence sociale ne cesse de se dégrader sur les territoires. La précarité ne cesse d’augmenter. L’été a été marqué par de tristes records, avec 76 % de demandes non prises en charge sur les 37 départements du baromètre 115. Pour inverser la tendance et apporter des perspectives durables aux personnes, le modèle doit être résolument renouvelé. Si l’Etat dégage des moyens croissants, d’année en année avec cet hiver encore une enveloppe complémentaire de 107 millions d’euros, ces derniers ne suffiront pas à résoudre la difficile équation de la fin de la gestion saisonnière : ils sont à la fois insuffisants pour répondre à couvrir l’ensemble des besoins, en augmentation, et leur fléchage est inadapté pour répondre aux situations car il priorise essentiellement le recours à des solutions transitoires de mises à l’abri,  inadaptées - de basse qualité et couteuse (hôtel, places de mise à l’abri).

Impatience. L’enjeu ne réside pas que dans les moyens financiers, mais dans une réforme structurelle de l’hébergement et du logement, que le projet de loi Duflot ne traite qu’insuffisamment. Pour cela, il faut disposer d’une capacité d’hébergement adaptée aux besoins, affirmer la priorité à l’accès au logement et renforcer l’ancrage dans les territoires. Les associations attendent une transition vers un nouveau modèle de prise en charge, priorisant l’accès au logement de droit commun et misant sur un accompagnement global et adapté des personnes pour permettre l’insertion  durable des personnes sur les aspects emploi/santé/accès au droit…

Le collectif des associations unies pour le logement et l’hébergement a adressé un courrier en ce sens à Cécile Duflot. Objectif ? Mettre en avant la volonté des associations de rompre avec la gestion climatique de l’urgence, engager dès cet hiver les conditions d’un changement de modèle en traitant durablement et sur le moyen terme des situations et des demandes qui se manifesteront alors.

Télécharger la lettre envoyée à Cécile Duflot...

Télécharger le guide national de prévention et de gestion des impacts sanitaires et sociaux liés aux vagues de froid 2013-2014...

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