Retour sur la première visite d’étude "Mobiles pour l’emploi" à Bristol

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« Mobiles pour l’emploi », projet de mobilité européenne organisé par la Fédération des acteurs de la solidarité et soutenu par Erasmus +, vient de franchir une étape importante ! En effet le premier des trois déplacements organisés en Europe pour enrichir et diversifier nos connaissances des pratiques et stratégies de l’inclusion par l’emploi vient de s’achever. Il s’est déroulé à Bristol au sein de la « Salvation Army » (l’Armée du Salut britannique), tandis que les suivants se dérouleront à Bologne en février et à Amsterdam en mai.

Bristol

Les huit participants à la mobilité et les membres de l’Armée du Salut nous ayant accueilli à Bristol

8 participants, issus de diverses associations du réseau et différents territoires, ont été accueillis au sein de la Salvation Army et plus précisément dans son antenne « Employment Plus », consacrée à l’inclusion par l’emploi. Ils ont pu observer pendant trois jours les pratiques de l’inclusion pour les personnes éloignées de l’emploi déployées dans le territoire anglais et gallois.

Retrouvez ci-dessous, une vidéo qui revient sur la première visite d’étude du projet « Mobiles pour l’emploi », projet de mobilité européenne organisé par la Fédération des acteurs de la solidarité et soutenu par Erasmus +, qui s’est déroulée à Bristol du 19 au 23 Novembre 2018.

Les observations issues de cette mobilité à Bristol ont été exposées lors de la Journée de l’Emploi autour des stratégies territoriales organisée par la Fédération le 29 novembre et feront l’objet d’un rapport à destination de l’ensemble du réseau une fois les trois mobilités passées.

Les différences mais aussi les points communs observés au sein du secteur social britannique permettent à la fois de repérer des points de vigilance comme d’inspiration pour nos propres pratiques.

En effet, le Royaume-Uni est confronté à une faiblesse très marquée de l’engagement de l’Etat en termes de politiques sociales. En outre, l’Etat conçoit son action sociale de manière fortement décentralisée et délocalisée, dépendant principalement des mairies et des autorités locales. Cela conduit à une grande diversité de modèles et de niveaux de financements et par conséquent à des variations importantes en fonction des territoires. Ainsi n’y a-t-il pas d’équivalent à l’Insertion par l’Activité Economique (IAEIAEInsertion par l'Activité Économique) dans un marché de l’emploi dont le faible taux de chômage (4,1%) masque de lourdes problématiques telles que la précarisation de l’emploi et la recrudescence de travailleurs pauvres, s’ajoutant à une invisiblisation d’ampleur de la population économiquement inactive. Cette mise en retrait de l’Etat est d’autant plus palpable que les collectivités locales sont de moins en moins financées. Par ailleurs, le remplacement récent du seul dispositif étatique d’inclusion par l’emploi (le « Work Programme ») par un autre à la cible et au budget réduit de 80% , laisse le secteur social de l’emploi exsangue. En outre, le bénéfice des aides sociales est indexé à des conditions coercitives et punitives et est peu, voire pas, accompagnée par les  « Job Centre + » (l'équivalent de Pôle Emploi). L’insertion vers l’emploi est déléguée en grande partie à des prestataires, dont la Salvation Army fait partie, aux côtés d’acteurs qui n’appartiennent pas nécessairement au secteur non-lucratif. A cela s’ajoute la mise en place progressive du Universal Credit (Crédit Universel), dispositif issu de la fusion des nombreux minimas sociaux, transition dans laquelle les personnes les plus exclues ne sont pas accompagnées, ce qui cause des ruptures importantes en matière d’accès aux droits.

Cependant, malgré la quasi absence de dispositifs d’aide, la très faible structuration du secteur de l’accès à l’emploi, la frugalité de l’investissement public et fatalement la moindre ampleur de l’accompagnement existant, la Salvation Army parvient à rester efficace et à porter des modèles d’accompagnement intéressants.

Voici les principaux points que l’on peut retenir :

C’est cette autonomie financière qui leur permet de déployer leur propre programme d’accompagnement global. Celui-ci est non conditionné et indépendant des directives de l’Etat parce qu’autofinancé. En sus, l’affaiblissement des subventions les a récemment conduits à développer une stratégie d’établissement de partenariats privés au niveau national. Une transposition au modèle français pourrait être le développement et l’usage du financement participatif , en complément de partenariats privés. 

-          Sur le fond, un accompagnement global, vers et dans l’emploi :

-          Sur la forme, un accompagnement pensé autour de la relation de confiance :

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