Un plan qui oublie les jeunes les plus précaires

jeunes2.jpgLe plan présenté mardi 29 septembre par le Président de la République comporte des mesures qui vont améliorer la situation de certains jeunes. Cependant, ce n'est toujours pas la politique globale de la jeunesse que nous avons défendue tout au long des travaux de la Commission Jeunes, pour permettre l'accès à l'autonomie de tous les jeunes.


- La FNARSFNARSAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité se félicite que le problème des ressources des jeunes soit enfin posé. Mais les conditions d'accès au RSARSARevenu de solidarité active sont tellement restrictives qu'il ne bénéficiera qu'à environ 160 000 jeunes dont 120 000 en emploi, sur 6 millions de 18-25 ans. Cette mesure ne va donc concerner que 2,7 % de cette tranche d'âge. Or 20 % des jeunes vivent sous le seuil de pauvreté.

En effet, le RSARSARevenu de solidarité active ne sera accessible qu'aux jeunes ayant occupé un emploi stable pendant 2 ou 3 ans, c'est-à-dire ceux qui, a priori, sont déjà bien armés sur le marché du travail pour continuer... En revanche, les plus vulnérables, les précaires, les travailleurs à temps partiel, ou les jeunes sans aucun revenu du travail, restent encore en dehors de ce dispositif.

- De même, les jeunes en rupture familiale sont oubliés. La mesure de protection des jeunes majeurs les plus en difficulté qui avait été proposée dans le Livre vert de la commission n'a pas été retenue. Or, elle permettrait de faire baisser sensiblement le nombre des jeunes en errance ou en situation de désinsertion sociale sévère, ceux qui ne sont plus pris en charge par la Protec-tion judiciaire de la Jeunesse (PJJ).

- L'annonce de réformes telles que le service public de l'orientation, l'obligation de formation pour les 16-18 ans, la refondation des missions locales est positive, mais il ne s'agit à ce stade que d'intentions qui n'existeront que s'il y a une vraie volonté politique de proposer des solutions à des jeunes qui n'en bénéficiaient pas jusqu'à présent. Les autres mesures (CIVIS, complémentaire Santé) sont également positives mais restent modestes au regard des enjeux.

La commission Jeunes présidée par Martin Hirsch avait posé en juin dernier les fondements d'une « nouvelle politique de la Jeunesse » qui visait à donner une autonomie à l'ensemble des jeunes. Pour les jeunes les plus vulnérables, la commission posait explicitement la nécessité de combler les « trous » de la prise en charge, d'intensifier l'accompagnement « sur mesure », de « soutenir les ressources de tous les jeunes », de systématiser le principe de la « nouvelle chance » pour les jeunes en échec, etc. On est encore loin de ces ambitions.

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