Arrêtons la gestion au thermomètre !

Depuis le 1er avril, des milliers de ménages en impayés de loyers risquent d'être expulsés de leur logement. Certains quittent les lieux avant l'arrivée de l'huissier. D'autres assistent, impuissants, au changement de serrure et se retrouvent à la rue sans autre solution que d'appeler le 115115Numéro d’urgence sociale anonyme et gratuit pour les sans-abri.

Chaque année depuis cinq ans, entre 11 000 et 13 000 ménages sont mis à la porte avec le concours de la force publique. Et chaque printemps, la FnarsFnarsAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité, aux côtés du Collectif des associations unies pour une nouvelle politique du logement, dénonce cette situation alarmante.

+ 40 % en dix ans

Le phénomène s'intensifie, puisque le nombre d'expulsions locatives a progressé de 40 % en dix ans. A l'autre bout de la chaîne du mal-logement, les sans-abri, temporairement accueillis durant l'hiver, sont remis à la rue. Le printemps sera rythmé par la fermeture de structures sur l'ensemble du territoire national par épisodes successifs, jusqu'en juin. L'infamie est déjà en marche : entre le 31 mars et le 10 avril, 500 places ont été fermées dans le Rhône et 400 en Isère.

Le 115115Numéro d’urgence sociale anonyme et gratuit pour les sans-abri saturé

Pourtant, le plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale de l'ancien gouvernement était formel : il prétendait mettre un terme à la gestion au thermomètre de l'urgence sociale. Un mot d'ordre nécessaire, mais qui n'apporte qu'une maigre consolation aux sans-abri qui appellent en vain le 115115Numéro d’urgence sociale anonyme et gratuit pour les sans-abri depuis début avril.

Le dispositif d'hébergement d'urgence est saturé et ne peut donner suite qu'à la moitié des demandes qui lui sont adressées. Gageons que la nouvelle ministre du Logement, Sylvia Pinel, se mobilisera aux côtés des associations pour donner corps aux engagements de ses prédécesseurs.

Ninon Overhoff, chargée de mission hébergement et logement à la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FnarsFnarsAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité)
 
>> Tribune publiée dans Alternatives Economiques n° 335 (mai 2014) et sur le site Aternatives-economiques.com
 

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