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Entretien - Rémi Roche, 24 ans, hébergé en foyer

mini remyRémi Roche, 24 ans, vit dans un foyer à Toulouse et est membre du CCRPA* de sa région. Il  prend la parole dans F magazine pour parler de la précarité chez les jeunes.

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Depuis quand êtes-vous en difficulté ?

Il y a quatre ans, j’ai décidé de quitter Saint-Etienne pour Toulouse. J’avais besoin de m’échapper, de quitter le domicile familial. Toulouse me paraissait la ville idéale pour trouver du travail. La ville a la réputation d’être accueillante. 

 Lorsque je suis arrivé, je n’avais pas d’autre choix que d’appeler le 115115Numéro d’urgence sociale anonyme et gratuit pour les sans-abri. Je l’avais déjà fait à plusieurs occasions à Saint-Etienne. J’ai été orienté dans un foyer, un dossier a été monté pour me trouver une formation ou un travail. Je ne me suis pas senti dans la galère au début car j’avais choisi de partir et je savais que l’arrivée serait difficile. C’est avec le temps et les échecs à répétition que j’ai commencé à voir les choses de manière plus négative, à craquer. Il faut être fort pour vivre dans ces conditions et personne n’y est préparé. Aujourd’hui je vis dans un foyer que je dois quitter à 10h et où je ne peux revenir qu’à 18h. Il ne peut accueillir la journée faute de moyens d’encadrement. Le matin, je passe à la mission locale mais le reste de la journée, je me balade. J’ai dû apprendre à me nourrir gratuitement, grâce aux associations ou aux Restos du coeur l’hiver.

Comment vit-on cette situation quand on débute dans la vie ?

Je croise pas mal de jeunes dans la même situation. Certains font des choix que je n’approuve pas mais je peux les comprendre. Quand on est en galère, on finit pas se débrouiller par tous les moyens. Je n’ai plus vraiment les mêmes amis qu’avant. Certains viennent parfois me voir mais mes relations sont plutôt centrées sur le foyer. Avoir des personnes à qui parler et qui comprennent ce qu’on vit est important.

Quelles solutions avez-vous expérimentées jusqu’à aujourd’hui ?

Les formations que l’on m’a proposées au début ne me plaisaient pas. Je n’étais pas motivé et pas bien avec moi-même donc je finissais par abandonner en cours de route. Le déclic est venu lors de mon service civique, qui m’a permis de m’ouvrir, de travailler en équipe avec d’autres jeunes. J’ai fait plein de petits boulots comme aider les gens à faire des économies sur leurs factures d’eau et d’électricité, des missions de nettoyage, des chantiers d’insertion en espaces verts. Mais tous ces contrats sont de courte durée et systématiquement, une fois terminés je retourne au point de départ. Pour de nombreux emplois, il faut le permis B or je ne peux pas le passer faute d’argent. Comment voulez-vous débuter dans la vie sans aucun moyen financier ?

Que reprochez-vous aux dispositifs mis en place pour les jeunes ?

J’ai surtout l’impression qu’on nous oublie. Tout ce qui est proposé nous maintient dans la précarité, avec des petits salaires qui ne permettent pas de vivre et des contrats sans lendemain. Les politiques font des promesses de campagne mais une fois élus, les promesses s’évanouissent. L’urgence, c’est de permettre à tous les jeunes de subvenir à leurs besoins grâce à un revenu. Avec un RSARSARevenu de solidarité active, je pourrais passer le permis, m’acheter un véhicule et trouver plus facilement du travail. Les missions locales sont surchargées et ne peuvent pas trouver des solutions pour tout le monde. Est-ce pour défendre ces idées que vous avez décidé de vous investir dans le CCRPA* ? Oui. Il est important que les jeunes soient représentés. Il faut que l’on fasse entendre notre voix. J’ai aussi travaillé avec la FNARSFNARSFédération nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion sociale sur un World café pour préparer des propositions en vue du Congrès de janvier. Ce travail me permet d’envisager l’avenir plus positivement. Aujourd’hui, j’ai envie d’aller plus loin, de construire une organisation, de porter des propositions au niveau politique. Je suis en train de rédiger un document que je soumettrai à des jeunes. La mission locale et la FNARSFNARSFédération nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion sociale m’aident beaucoup dans ce projet.

Restez-vous optimiste ?

Oui. Mes difficultés m’ont permis de trouver une sorte de vocation dans la défense des droits des jeunes en difficulté. Ça me permet aussi de me reconstruire. Mais j’aimerais enfin trouver un travail, avoir un minimum de revenus pour manger ce qui me plaît, m’habiller, vivre dans un appartement. Et vivre ma jeunesse comme tout le monde.

*CCRPA : Comité consultatif régional des personnes accueillies
Retrouvez l’interview audio de Rémi Roche:

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