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La Barraka, squat d'un nouveau type

C’est Guillaume, un des ex squatteurs à l’origine de ce projet d’habitat collectif autogéré, qui nous offre le café. Kevin et Mickael ont fait taire les chiens, aussi impressionnants qu’adorables. Lucie et Dascal, un couple de résidents, ne sont pas là. Elle travaille en ce moment dans une usine de pop corn, et lui est parti se balader. 

 Guillaume nous montre les récents travaux de peinture et nous fait part de l’idée du groupe de mettre un peu de couleurs dans cet ancien relais de gare situé à la sortie de la ville d’Auch, face à la gendarmerie et voisine de la caserne de pompiers. Le lieu répond à des critères que ces anciens squatteurs avaient donnés : une maison permettant d’accueillir entre 5 et 8 personnes, avec un jardin pour les chiens, et dans un endroit tranquille, un peu à l’écart de la ville. « Quand ils ont compris qu’ils allaient avoir les gendarmes et les pompiers comme voisins, ils ont cru qu’on l’avait fait exprès », ironise Vincent Batsère, psychologue à l’association REGAR qui les accompagne depuis le début du projet. Heureusement, une relation de confiance s’était déjà installée entre lui et eux.
Les pompiers sont justement en train d’effectuer un exercice sur le toit de la caserne. « Salut les gars ! » lance Kevin, aussitôt repris par Mickael qui lui rappelle que les pompiers ne sont pas vraiment leurs « potes ». Avec le reste du voisinage, les relations se sont aujourd’hui apaisées. Avant qu’ils ne s’installent dans la maison, une fronde avait rapidement eu lieu et une pétition avait été signée. Heureusement, Jean-François Célier, l’adjoint au maire sans qui ce projet n’aurait jamais vu le jour, a calmé l’affaire. « Il est allé discuter avec les uns et les autres, et a rassuré chacun sur le projet », rappelle Vincent. la municipalité et l’association est au coeur de la réussite de ce projet qui débute en 2005 lorsque Jean-Marc Legagneux, membre du GAF (Groupe Amitié et Fraternité) approche ces derniers et leur propose de visiter des expériences d’habitat collectif. Les administrateurs de l’association REGAR, en parallèle, découvrent également ces expériences menées à Toulouse.

Une expérience unique

« Contrairement aux actions habituelles, il ne s’agit pas d’un travail d’accompagnement classique. On accompagne ici un collectif, et non des individus », observent Vincent et Jean-Marc. Cet accompagnement collectif consiste avant tout à écouter et être présent, et à accepter la dynamique du groupe. « On est à côté, on assiste, on aide à ce qu’ils se posent les bonnes questions, on présente des possibilités mais le groupe s’autodétermine et construit lui-même son projet », poursuit Vincent. « Il faut accepter d’avancer et reculer en permanence ». Le temps est ici une dimension que l’on ne prend pas en compte. C’est après plus d’une année d’approche et de discussion que les jeunes ont fini par envisager de s’investir dans un projet d’habitation. Chassés à plusieurs reprises des endroits qu’ils occupaient, en procès avec la société immobilière gestionnaire d’un des lieux qu’ils avaient squatté, ils ont pris conscience que ce que leur proposait l’association améliorerait leur quotidien, tout en respectant leurs principes de vie. « C’est en s’appuyant notamment sur leur caractère revendicatif que nous avons pu avancer. Puisqu’ils mettaient en avant le fait de vouloir être autonomes, ils devaient se donner les moyens d’acquérir cette autonomie », rapporte Vincent. Il s’est ensuite agi de convaincre la municipalité, puis de trouver un lieu et enfin de le réhabiliter. Quatre années se sont ainsi écoulées avant qu’ils ne puissent occuper la maison.
Alors qu’au départ l’association prenait en charge le loyer, ce sont aujourd’hui les résidents, sous une convention d’occupation, qui le payent eux-mêmes grâce à l’allocation logement de deux d’entre eux, et une participation personnelle. Un pas sur la voie de l’autonomie, autant qu’une concession de la part d’ex-squatteurs convaincus de leur droit d’occupation de tout espace à l’abandon. Et cette avancée n’est ••• pas la seule permise par le projet. Pour un jeune couple d’ex-résidents, la maison a été un premier pas sur le chemin de l’accès au logement. Avec la stabilisation, émergent également des demandes d’accompagnement plus individuel que gère le pôle santé de l’association. « Ils progressent à leur rythme dans la gestion de la maison », observe Martine Coulet, Directrice de REGAR. Les conflits se gèrent ainsi avec plus de diplomatie. à force de se retrouver autour d’une table, le collectif a découvert une nouvelle façon d’exprimer les désaccords, notamment par l’utilisation de la parole. La mise en place d’un règlement intérieur facilite également la gestion de l’espace. Le collectif a aussi ses projets : à court terme, monter un auvent sur le devant de la maison, et dans l’avenir, avoue Guillaume d’un oeil rêveur « monter un petit studio de répétition au sous-sol, ou faire un atelier tag ». On ne peut que leur souhaiter d’avoir la Barraka, nom qu’ils ont choisi pour leur association. Quant à la municipalité, elle se félicite de ce projet qui a permis « une vraie intégration de ces jeunes à la ville ». « Dans une petite ville où tout se voit, les résultats sont visibles », se félicite Jean-François Célier. « Vincent a acquis une réputation qui lui permet d’aller vers tout le monde. S’il repère d’autres jeunes en capacité de s’engager dans une expérience de ce type, ajoute-t-il, la municipalité est prête à s’engager ».

L’ORSIF, le GAF et REGAR formalisent actuellement un projet de recherche pour permettre l’accompagnement de ce type de projet. Guillaume et Mickael, de leur côté, intervenaient il y a peu avec l’adjoint au maire dans une formation de travailleurs sociaux. « Un trio difficile à imaginer il y a quelques années », se félicite Jean-Marc. Pourtant, l’auditoire ne s’en est même pas étonné.

Stéphane Delaunay

 + PODCAST AUDIO  Écouter le podcast réalisé à la Barraka :

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