Baromètre estival 2012 - Vivement l'hiver ?

Malgré la volonté de la Ministre en charge du logement d’en finir avec la gestion saisonnière de l'hébergement, l’accueil des sans-abris se révèle une nouvelle fois défaillant cet été, plus encore qu’en hiver.  Les chiffres du 6e baromètre montrent que le 115,  pris entre une demande qui ne cesse de croître et des moyens en berne, ne répond positivement qu’une fois sur trois aux demandes d’hébergement qui lui sont faites.

Des demandes toujours aussi nombreuses

En juillet, les demandes au 115 sont équivalentes à celles enregistrées sur la période hivernale, témoignant s’il en était besoin que l’urgence sociale ne se limite pas aux périodes de grands froids. En été comme en hiver, les personnes sollicitent un hébergement.

Pire, certaines de ces demandes sont la conséquence directe de la poursuite de la gestion saisonnière du dispositif d’hébergement. La fermeture de la quasi-totalité des places du plan hivernal génère mécaniquement remises à la rue et hausses de la demande dans la foulée. Parmi ces places hivernales, certaines sont pourtant disponibles dans les centres, attendant sagement derrière leur porte le tour de clé du 1er novembre. Faute de moyens pour les mettre à disposition des personnes, on envoie ces dernières à l’hôtel, quand on ne les laisse pas à la rue.

Enfin, que dire de la fermeture durant l’été de places d’hébergement censément pérennes, parce que le personnel en vacance ne peut être remplacé (faute de crédits), ou par choix des élus locaux lorsque les centres se trouvent dans des stations balnéaires ?

 Une absence criante de réponses en été

 En juillet, sur l’ensemble des demandes d’hébergement faites au 115 sur les 37 départements de l’échantillon, 70% n’ont pas donné lieu à un hébergement, contre 50% en moyenne sur les 5 mois d’hiver. L’absence de places disponibles constitue à nouveau le principal motif de non-attribution. Malgré les injonctions ministérielles, les Services Intégrés d’Accueil et d’Orientation (SIAOSIAOServices Intégrés d'Accueil et d'Orientation) ne sont pas en mesure, faute de places disponibles et de moyens de coordination, de « proposer systématiquement une solution de relogement adaptée aux personnes et aux familles demeurant encore en hébergement hivernal via la mobilisation de places d’hébergement et de logement accompagné dans le cadre de l’enveloppe 2012 ».

 Le constat est sans appel : d’une part, le recours aux nuitées hôtelières a été plus important en juillet qu’en hiver (30% des orientations, contre 18% en février), de l’autre, il n’a pour autant pas permis de répondre à l’ensemble des demandes, ni d’éviter la remise à la rue de personnes. En définitive, pour l’ensemble des personnes concernées, à l’hôtel comme sans solution, on est loin, très loin d’un accès à l’autonomie. Et la note de l’urgence s’allonge, malgré ses lacunes, dans une fuite en avant qui se fait au détriment de l’accompagnement vers le logement, puisque la contrainte budgétaire oblige au redéploiement des crédits.

De plus en plus de familles en situation de précarité

En juillet, ce sont les personnes en famille qui ont le plus sollicité le 115, contre les hommes seuls cet hiver. Or, les réponses pour les familles continuent de faire défaut. Les nuitées hôtelières constituent généralement la seule alternative, souvent pour des courtes durées, dans des conditions inadaptées à la vie familiale. Face à la pénurie de places d’hébergement, aggravée en été, la sélection des publics est inévitable – et les principes d’inconditionnalité et de continuité de l’accueil toujours moins effectifs.

 

Télécharger le 6e baromètre

Mots-clés: Baromètre

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