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F#20 - Michelle Demessine

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Grand angle
 PARTI PRIS 

Michelle Demessine
est présidente de L'UNAT depuis 2017, elle a été secrétaire d'Etat au Tourisme de 1997 à 2001.

" Pouvez-vous présenter l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air (UNAT) et ses missions ?
Michelle Demessine : L’Union nationale des associations de tourisme et de plein air est une association créée en 1920. Tête de réseau du Tourisme social et solidaire, l’UNAT rassemble les principaux acteurs touristiques à but non lucratif engagés en faveur du départ en vacances pour le plus grand nombre. Aujourd’hui, elle compte plus de 1 500 établissements et est présente sur l’ensemble du territoire avec 12 UNAT en région. Les opérateurs membres de l’UNAT portent des valeurs comme l’accès de tous et toutes aux vacances et le droit aux vacances. Son réseau dispose d’un patrimoine (entretenu notamment grâce aux dispositifs d’aides à la pierre, qui n’existent malheureusement presque plus) sur les plus beaux sites de France, ce qui est précieux car il permet à tous et toutes d’en profi ter. L’offre est également répartie dans les zones rurales et permet de maintenir des commerces et des transports dans ces zones.

Pouvez-vous nous donner votre avis sur l’effectivité de l’article 140 de la loi d’orientation n°98-657 relative à la lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998, stipulant que l’objectif national de :
« L’égal accès de tous, tout au long de la vie, à la culture, à la pratique sportive, aux vacances et aux loisirs [….] passe également par le développement des structures touristiques à caractère social et familial, par l’organisation du départ en vacances des personnes en situation d’exclusion et par leur accès aux pratiques artistique et sportive et à l’offre culturelle locale.»
À qui incombe la réussite de cet objectif national ?
Michelle Demessine : Ce texte date de 1998, une période pendant laquelle j’avais la responsabilité du Ministère du Tourisme. J’en ai donc la « maternité » et ma volonté première était d’y intégrer le « droit aux vacances ». À ce moment, un service particulier a été créé au sein de ce ministère pour s’occuper du droit aux vacances, et lors de la discussion de la Loi de Martine Aubry sur la lutte contre les exclusions, j’ai défendu l’idée que c’était un droit aussi important que les autres. Il fallait donc que cela puisse fi gurer dans les droits fondamentaux. Le plus dur maintenant est de rendre ce droit effectif ! Même si rien n’a été effacé dans les mesures créées, les gouvernements qui se sont ensuite succédés n’ont plus beaucoup travaillé sur cette question.
Ce texte sert à acter que le droit aux vacances est un droit fondamental au même titre que les autres et donc, tou·te·s ceux·lles qui s’appuient sur ces droits fondamentaux peuvent faire en sorte de réclamer des moyens pour l’exercice de ce droit. Cela sert aussi aux acteurs sociaux, pour qu’ils l’inscrivent dans leurs
actions, car il existe encore aujourd’hui des débats sur la nécessité des vacances quand les autres droits ne sont pas respectés. Le meilleur moyen d’action pour les associations c’est de développer les moyens fi nanciers autour de ça.
Les salarié.e.s ont par exemple à leur disposition des comités d’entreprise (même si ce n’est pas le cas partout). Il y a aussi les caisses d’allocations familiales et les collectivités qui proposent des départs en vacances mais qui doivent pour cela dégager des budgets spécifiques. Les personnes qui sont en très grande difficulté sont le plus souvent suivies par les réseaux de travailleurs sociaux et peuvent accéder à ce droit via les CAFCAFCaisse d’Allocations familiales sur critères de ressources. Mais cela catégorise beaucoup et ne permet pas de couvrir tout le monde. Aujourd’hui il y a une souffrance des personnes qui ne peuvent plus partir.

Comment pourrait-on mieux travailler entre associations, travailleurs sociaux et acteurs touristiques à but non lucratif ?
Michelle Demessine : Une des missions de l’UNAT est de mettre en relation les associations et les acteurs du Tourisme solidaire et il y a aussi un certain nombre d’acteurs qui ont leurs propres actions bilatérales. Et cela parce que les associations ont développé des secteurs vacances dans leurs activités et aussi car la préparation et l’accompagnement aux départs en vacances est un travail assez long à préparer avec les personnes concernées. Mon conseil serait donc de continuer à développer des secteurs vacances au sein des structures associatives et d’aller rencontrer celles qui l’ont déjà fait. ●

Propos recueillis par
Audrey-Jane BALDI

+ POUR PLUSPLUSPrêt locatif à usage social D’INFORMATIONS :
www.unat.asso.fr/

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