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L'invitée - Marie-Arlette Carlotti

mini carlottiMarie-Arlette Carlotti, ministre déléguée en charge de la lutte contre l'exclusion, est l'invitée de F magazine. 

Quels sont vos objectifs prioritaires en matière de lutte contre l’exclusion ?

Nous devons mettre la solidarité au coeur de notre action. Nous avons déterminé plusieurs objectifs essentiels : il faut prévenir les situations de pauvreté et de précarité. Quand les Français cumulent des difficultés professionnelles, sociales, financières, il faut que des alertes soient sonnées et qu’une prise en charge rapide et globale soit mise en place.
Il n’est pas acceptable que les enfants vivant au sein des 10 % de ménages les plus pauvres aient trois fois plus de risque de quitter l’école à 17 ans sans diplôme, avec le risque de connaître le chômage et de rester enfermés dans la précarité. 

La prévention de la pauvreté tout au long de la vie est un objectif de premier ordre. Nous devons aider les personnes en situation de pauvreté afin d’améliorer leurs conditions de vie. En 2010, 8,6 millions de Français vivaient avec moins de 964€/mois : ce sont autant de personnes qu’il faut accompagner pour qu’elles aient les ressources financières bien sûr, mais aussi psychologiques, sociales, professionnelles qui leur permettent de mener leur vie comme elles l’entendent. Nous refusons de considérer la pauvreté comme une fatalité. Il faut tracer un chemin vers la sortie de la pauvreté, qui tient compte des difficultés rencontrées par chaque personne, mais aussi de ses atouts et de ses compétences.

Vous préparez une conférence contre la pauvreté à l’automne. Qu’attendez-vous de cette conférence ?

La conférence de lutte contre la pauvreté et les exclusions se tiendra au Conseil économique, social et environnemental les 10 et 11 décembre prochains. Des ateliers thématiques auront pour objectif de définir des priorités d’action. Ce travail sera un travail collectif, depuis la sélection des rapports et expertises retenus pour la discussion jusqu’à la définition des priorités d’action qui sont encore une fois l’objectif de la conférence. Par cette méthode qui permet d’associer l’ensemble des acteurs du champ de la solidarité, ainsi que des personnes en difficulté, je m’inscris dans une méthode générale de concertation qui guide l’action du gouvernement.

Comment allez-vous associer les associations aux discussions ? Et les personnes en situation d’exclusion ?

La participation des personnes directement concernées est pour nous un enjeu essentiel : il s’agit d’une part de faire émerger la parole de personnes qui peuvent être isolées, et d’autre part de reconnaître que ces personnes ont des réponses valables à apporter aux problèmes auxquels elles sont ellesmêmes confrontées au quotidien.
La parole des associations sera également très écoutée. Nous mobiliserons, à cet égard, le Conseil national de lutte contre l’exclusion (CNLE), qui a acquis dans ce domaine une solide expérience que nous souhaitons pouvoir utiliser.

De nombreux ministères sont concernés par la lutte contre l’exclusion. Comment comptez-vous les impliquer ?

La réduction des inégalités et la lutte contre la pauvreté mobilisent l’ensemble du gouvernement dans ce combat. Des actions ont déjà été engagées notamment l’encadrement des loyers, l’augmentation de l’allocation de rentrée scolaire ou la suppression du droit de timbre de l’aide médicale d’Etat ou encore la tarification progressive de l’électricité. Celles-ci relèvent de la compétence individuelle des ministres concernés, mais de la responsabilité collective du gouvernement. La pauvreté ne doit plus être une fatalité. 

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