F, le magazine de la Fédération 

F#20 - Retour sur l’assemblée générale annuelle

Le 21 juin 2019, plus d’une centaine de participant ·e·s se sont réuni·e·s au Palais de la Femme à Paris, établissement de la Fondation de l’Armée du Salut, à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de la Fédération des acteurs de la solidarité.

AG

En ouverture, Louis Gallois, président de la Fédération, est revenu sur les faits marquants de l’année écoulée et a rappelé « la forte actualité sur le front de la lutte contre l’exclusion et l’intense mobilisation de la Fédération pour défendre les personnes les plus fragiles, soutenir les associations qui les accompagnent et formuler des propositions de réforme des politiques publiques ».
Sur un mode d’animation participatif et interactif autour du rapport d’activité, les participant·e·s, par équipe, ont pris part à un quizz animé par les élus du bureau fédéral. Sérieux et convivialité ont bien cohabité !
Après ce bilan de l’année, Florent Gueguen, directeur de la Fédération, a présenté les perspectives 2019 marquées par l’engagement de la Fédération à « promouvoir les politiques de solidarité et d’accès aux droits fondamentaux » et de la « mobilisation de tou·te·s, salarié·e·s, administrateur·rice·s, bénévoles, personnes accompagnées ».
Après l’adoption des différents rapports - moral, d’activité et financier - et l’élection des nouveaux membres du conseil d’administration, deux motions ont été approuvées par les adhérents : l’une « Pour un hébergement digne et un accompagnement de qualité » et l’autre, relative au « Revenu Universel d’Activité ». Ces motions renforcent la Fédération dans ses actions de plaidoyer, d’animation et d’outillage du réseau.
L’après-midi s’est poursuivi par une table ronde portant sur la mise en oeuvre territoriale de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté en présence d’Olivier Noblecourt, Délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes, de représentant·e·s de la Bourgogne-Franche-Comté, Marine Guichard et Claude Gourier, de la Martinique, Kalthoum Ben M’Barek, et de la Bretagne, Marie-Anne Chapdelaine. Les échanges
étaient riches et ont permis de questionner sur la méthode, les avancées et les attentes des acteurs des territoires autour de cette stratégie nationale.
En fi n de séquence, Christelle Dubos, Secrétaire d’État auprès de la Ministre des Solidarités et de la Santé, a mentionné dans son discours les deux chantiers prioritaires qui seront posés dans une grande loi en 2020 : le Revenu universel d’activité et le Service public de l’insertion. Louis Gallois a réaffirmé que la Fédération serait pleinement mobilisée pour que ses préoccupations et propositions soient entendues.
En 2020, la Fédération vous donne d’ores et déjà rendez-vous pour la prochaine assemblée générale, temps riche pour son réseau !

Sophia D'OLIVEIRA - ROUXEL

Imprimer E-mail

F#20 - Hommage à Jean-Paul Peneau

penaudJean Paul Péneau arrive à la FnarsFnarsAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité (ancien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité) le 1er juin 1990 comme directeur. Les dirigeants de l’époque, une génération de jeunes militants associatifs, veulent donner plus de force à cette fédération créée 34 ans auparavant, en 1956 ! Jean-Paul est l’artisan de la mise en oeuvre de cette dynamique. Il sait prendre des risques en professionnalisant le siège national tout en facilitant la création de postes en région. À son arrivée, seuls 9 salariés sont présents. Il sait nouer des partenariats avec les pouvoirs publics, organiser l’accueil de nouvelles associations de métropole et d’outre-mer. À son départ, en 2003, 27 personnes travaillent au siège et une soixantaine en régions. Il n’hésite pas à donner la chance à de nombreux jeunes qui venaient faire leurs premières années de carrière à la FnarsFnarsAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité. Être en lien avec les membres du bureau et du conseil d’administration est son souci permanent. Il travaille avec quatre présidents. C’est lui qui ose solliciter pour la première fois une bénévole non issue d’une région FnarsFnarsAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité pour prendre la présidence de la Fédération en la personne de Nicole Maestracci, aujourd’hui membre du conseil constitutionnel. Il reste 13 ans à ce poste. À son départ en 2003, la FnarsFnarsAncien nom de la Fédération des acteurs de la solidarité avait plus changé qu’au cours des 30 années précédentes. Aujourd’hui, la Fédération des acteurs de la solidarité le remercie pour son engagement durant toutes ses années et pense particulièrement à son épouse, ses enfants et ses proches.

Imprimer E-mail

F#20 - Revenu universel d'activité où en est-on ?

Le 3 juin 2019, le gouvernement a lancé une concertation pour l’instauration d’un Revenu universel d’activité (RUA), associant notamment les personnes en situation de précarité et les associations de lutte contre l’exclusion. Annoncée par le président de la République en septembre 2018 lors du lancement de la stratégie de lutte contre la pauvreté, cette nouvelle allocation est destinée à remplacer des aides sociales actuelles en les fusionnant, en particulier le RSARSARevenu de solidarité active, l’Allocation de solidarité spécifi que (ASS) et les APLAPLAide personnalisée au logement, la prime d’activité, voire l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) et l’Allocation aux adultes handicapés (AAH). À l’issue de plus de six mois de concertation, elle serait définie précisément dans une loi en 2020 et entrerait en vigueur en 2023.
La Fédération et ses partenaires du collectif ALERTE se sont engagés fortement dans cette concertation, intégrant plusieurs des groupes de travail mis en place par la délégation interministérielle à la prévention et la lutte contre la pauvreté.
En 2015, près de 14% des personnes vivaient en France sous le seuil de pauvreté, soit près de 9 millions d’entre nous. Sans les minima sociaux, les allocations logement ou encore les allocations familiales, elles auraient été 21 %. Ces allocations sont donc un outil essentiel et efficace de lutte contre la pauvreté. 19 millions de personnes en bénéficient (minima sociaux ou allocations logement), ce qui représente près de 25 % de la population française.
Dans un contexte de stagnation voire de baisse du pouvoir d’achat des plus précaires et de persistance d’un chômage important, la Fédération demande tout d’abord que ce Revenu universel d’activité permette une augmentation de ce pouvoir d’achat. Dans l’attente de la création de cette allocation, elle demande une revalorisation dès 2020 du RSARSARevenu de solidarité active ainsi qu’un dégel des allocations logement et familiales.
En accord avec le collectif ALERTE, la Fédération demande également que ce RUA soit ouvert aux jeunes sans ressource dès 18 ans, avec un accompagnement
et un accès à la formation. S’il doit faire l’objet d’une démarche contractualisée avec les allocataires, prévoyant un accompagnement via les départements, Pôle Emploi et les associations, la Fédération est opposée au principe d’une contrepartie d’activité obligatoire qui serait contraire aux principes de solidarité et de salaire décent. Cette prestation doit donc être pensée comme un revenu minimum garanti. Concernant le périmètre de ce futur RUA, les associations ont exprimé leur refus d’une intégration de l’allocation aux adultes handicapés. Si le gouvernement a pu rassurer en expliquant au début de la concertation que les APLAPLAide personnalisée au logement ne seraient pas fusionnées intégralement, les associations resteront très vigilantes sur les modalités concrètes de cette articulation, refusant que le budget des APLAPLAide personnalisée au logement ne soit réduit pour refinancer une légère augmentation du montant du RUA. Pour atteindre tous ces objectifs, les associations ont demandé au gouvernement de s’engager sur une augmentation du budget global des minima sociaux, s’opposant à toute dynamique de redistribution entre ménages modestes et pauvres. Elles porteront ces demandes tout au long de la concertation.

Alexis GOURSOLAS

Imprimer E-mail

F#20 - La domiciliation, une adresse pour exister

domiciliationLa domiciliation permet à toute personne sans domicile stable de disposer gratuitement d’une adresse administrative où recevoir son courrier et ainsi faire valoir ses droits et prestations. Pour les plus exclu·e·s, disposer d’une domiciliation signifie la reconnaissance de l’appartenance à un territoire. Pourtant, ce droit fondamental reste inaccessible pour bon nombre de personnes sans domicile stable.

Un service public
indispensable mais
défaillant

La domiciliation a été pensée à l’échelle des communes puisque ce sont les CCASCCASCentre communal d'action sociale et CIASCIASCentre intercommunal d’Action sociale qui ont l’obligation de domicilier les personnes sans domicile stable ayant un lien avec leur territoire. L’État est le pilote du dispositif et les préfets doivent s’assurer de l’effectivité de l’accès à la domiciliation pour tou·te·s, mais aujourd’hui, l’absence de financements ne le permet pas complètement. En conséquence, nombre de CCASCCASCentre communal d'action sociale et CIASCIASCentre intercommunal d’Action sociale ne domicilient pas du tout, ou très peu, et délèguent à des associations qui, elles non plus, ne perçoivent pas de budget pour cette mission.

L’urgence du
financement de la
domiciliation par l’État

En tant que pilote garant de la domiciliation, l’État doit soutenir financièrement cette activité primordiale pour l’accès aux droits des personnes. Un budget dédié permettrait d’accompagner ces structures et de moderniser leur service pour un meilleur fonctionnement. Membre d’un collectif inter-associatif , la Fédération mène
actuellement un travail de sensibilisation des parlementaires afin que la loi de fi nances 2020 prenne en compte ce besoin. Nous avons également interpellé à plusieurs reprises le ministre de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, sur l’absence de financement et l’inefficience de la domiciliation.

L'importance d'un socle
de service minimum

Si en 2014, la Loi ALURALURAccès au Logement et un Urbanisme rénové (loi) a introduit des avancées notoires pour permettre l’accès à une adresse au plus grand nombre, la défi nition d’un socle minimum de compétences et de services nécessaires pour assurer une domiciliation n’a pas été consacrée par les textes. Ainsi, en complément du financement, il s’avère nécessaire d’inscrire dans la loi la prise en charge domiciliataire de base avec notamment :

  • la remise en mains propres et en version électronique de l’attestation de domiciliation,
  • une permanence d’accueil avec des horaires en soirée,
  • une aide à la lecture et à l’écriture avec un·e écrivain·e public·que,
  • l’accompagnement des personnes avec des travailleur·se·s sociaux·ales en nombre suffisant.

Cela permettrait une harmonisation des pratiques et rendrait plus visibles les ressources nécessaires pour assurer ce droit d’une manière appropriée.

Avec le collectif, la Fédération poursuivra son engagement pour que le financement de la domiciliation et son socle minimum soient inscrits au plus vite dans la loi.

Guillaume CHERUY

Imprimer E-mail

F#20 - TAPREOSI : fin de la phase opérationnelle

tapreosi

Réunion locale au CEID-CSAPA la Ferme Merlet à Saint-Martin-de-Laye avec les professionnel·le·s et les personnes accueillies du CHUCHUCentre hospitalier universitaire-CHRSCHRSCentre d’hébergement et de réinsertion sociale Le lien de Libourne et les professionnel·le·s et personnes accueillies du CSAPA.
© Juliette Monier

Le projet TAPREOSI «Tabac et précarité, évaluation opérationnelle d’une stratégie d’intervention» est mené conjointement par la Fédération des acteurs de la solidarité et la Fédération Addiction, en partenariat avec l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT). Il est fi nancé par le Fonds de lutte contre le tabac.

Ce projet propose l’élaboration et l’expérimentation, par cinq binômes de structures accueil, hébergement, insertion (AHIAHIAccueil hébergement insertion) et de l’addictologie, d’un kit d’intervention sur le tabac, co-construit grâce à une méthodologie participative associant professionnel ·le·s et personnes accompagnées. Cette méthodologie se base sur des réunions locales lors desquelles un atelier animé par les chargé·e·s de projet a pour but de faire réfléchir et discuter les personnes présentes sur les freins et les facteurs facilitant la diminution et/ou l’arrêt de la consommation de tabac, sur les actions qu’elles connaissent et qu’elles conseillent. C'est à partir de ces éléments que le kit sera élaboré.
Ce kit devra permettre la mise en place d’actions de prévention et de réduction des risques dans les structures adhérentes aux deux réseaux ainsi qu’une favorisation de l’accessibilité à un cadre de prise en charge pour les personnes souhaitant réduire et/ou arrêter leur consommation de tabac. La phase opérationnelle du projet est aujourd’hui finie et les deux chargé·e·s de projet des deux fédérations travaillent actuellement à l’élaboration du kit qui sera mis à disposition des structures sélectionnées au début de l’année 2020.

Hugo SI HASSEN

Imprimer E-mail

S'ABONNER AU MAGAZINE

Abonnez-vous et recevez le nouveau numéro chaque trimestre.

Vous n'avez pas encore de compte? Inscrire maintenant!

Connectez-vous à votre compte