Un été à l'hôtel

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Le baromètre estival du 115115Numéro d’urgence sociale anonyme et gratuit pour les sans-abri montre qu’encore plus en été qu’en hiver, les personnes n’obtiennent pas de réponse à leurs demandes d’hébergement. En juillet, 70 % des appels au 115115Numéro d’urgence sociale anonyme et gratuit pour les sans-abri n’ont pas donné lieu à un hébergement, contre 50 % durant les mois d’hiver. La fermeture de la quasi-totalité des places du plan hivernal a généré mécaniquement des remises à la rue, accentuées par la fermeture temporaire de certains centres d’hébergement d’urgence durant l’été, que ce soit faute de crédits pour remplacer le personnel en vacances ou par volonté d’éloigner les plus démunis des lieux touristiques.

On « stocke » à l’hôtel

30 % des orientations en juillet se font vers l’hôtel (contre 18 % en février). Ce recours aux nuitées hôtelières pour tenter de répondre aux demandes devient l’alternative, conformément aux consignes données par la ministre en charge du logement Cécile Duflot pour organiser la sortie du plan hivernal.
Cette solution est peu satisfaisante. Non seulement elle ne permet pas de répondre à l’ensemble des demandes mais surtout ne propose que de «stocker» des personnes, sans offrir d’accompagnement ou de suivi social leur permettant d’accéder à des solutions plus durables et adaptées. L’étude du SIAOSIAOSystème intégré d’accueil et d’orientation de Paris sur les familles à l’hôtel via le SAMU social est à ce titre édifiante : faute de suivi depuis plusieurs années, 25 % des ménages demeurent hébergés à l’hôtel alors qu’ils pourraient prétendre à un logement.

Cher et inutile

Comme chaque année dans un système de gestion saisonnière de l’exclusion, la note de l’urgence s’allonge, priorisant le choix de financer des places hivernales temporaires au détriment de solutions plus pérennes et adaptées.
En outre, une telle gestion est à l’origine de ruptures dommageables pour les personnes : pertes d’emploi ou de droits acquis grâce au toit trouvé l’hiver, retour à l’errance et aux portes tournantes du 115115Numéro d’urgence sociale anonyme et gratuit pour les sans-abri (quelques nuits ici puis à nouveau dehors). Cette situation est bien éloignée du principe de continuité.

Impatience

La FNARSFNARSFédération nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion sociale attend de la ministre la mise en oeuvre d’une politique publique cohérente, fondée sur les besoins des personnes. Nous appelons cette politique de nos voeux depuis longtemps. Si nous avons bien pris note de la mission confiée a la DIHALDIHALDélégation interministérielle à l'hébergement et à l'accès au logement d’élaborer un plan quinquennal d’accès à l’hébergement et au logement, nous ne pouvons qu’être impatients et réitérer notre demande de mesures de court terme au-delà du besoin de réformes structurelles. Ces réformes doivent porter sur la coordination territoriale, la coordination des acteurs notamment avec ceux de la santé, l’observation des besoins, et l’évaluation pour améliorer la prise en charge des personnes. Elles impliquent également de doter les SIAOSIAOSystème intégré d’accueil et d’orientation des moyens et des places nécessaires pour assumer un rôle de coordination efficient.
Faire du droit à l’hébergement et de l’application du droit au logement un chantier prioritaire du quinquennat est indispensable 

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