Position Enfance / famille

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CHIFFRES 

Près de 3 millions d’enfants sous le seuil de pauvreté en France

41 % des enfants de moins de 18 ans vivant dans des familles monoparentales se situent sous le seuil de pauvreté (contre 20 % dans l’ensemble de la population)

Plus de 600 000 enfants vivent dans des environnements délétères, voire à la rue

Rapport Unicef France « Chaque enfant compte. Partout, tout le temps »- Juin 2015

CONTEXTE

Une augmentation de la pauvreté chez les enfants

Dans un contexte de paupérisation de la société dans son ensemble et d’augmentation des inégalités - phénomène accentué depuis la crise de 2008, la pauvreté change de visage. Elle touche de plus en plus de familles et d’enfants. En France, un enfant sur cinq (soit 2.666.000) vit en dessous du seuil de pauvreté (956 euros par mois). Ce constat s’accompagne également de l’évolution du sentiment d’exclusion dès l’enfance.

Nombreux sont les rapports qui dénoncent l’évolution de la pauvreté des enfants (défenseur des droits, UNICEFUNICEFFonds des Nations unies pour l'enfance, baromètre 115115Numéro d’urgence sociale anonyme et gratuit pour les sans-abri, rapport de l’observatoire du Samu social - enquête ENFAM…) et leurs conséquences sur la santé et leur bien-être. Pour autant, ces situations progressent jusqu’à contraindre nombre de familles à vivre à la rue, face à une opinion publique qui semble l’accepter, des politiques publiques qui ne parviennent pas à enrayer cette évolution.

Un accueil de plus en plus important de familles, notamment monoparentales, au sein des associations de lutte contre l’exclusion et de leur rôle sur le bon développement de l’enfant

En accompagnant ces familles, souvent dans des situations d’urgence, les associations de solidarité jouent dès lors un rôle dans l’éducation et le développement de l’enfant, en lien avec les acteurs spécialisés, sur le champ de la protection de l’enfance par exemple. Ce rôle est d’autant plus important que la précarité sociale a un impact sur le développement de l’enfant et de sa construction en tant que futur adulte.

L’enfant a besoin de confiance, de sécurité, de stabilité, de régularité et de repères pour se construire psychologiquement. Ces conditions sont très difficiles à réunir pour les familles défavorisées en situation de précarité et d’extrême pauvreté.

Comment un enfant peut-il se construire psychologiquement lorsqu’il vit à la rue ? Comment peut-il rester scolarisé lorsque ses parents changent d’hôtel toutes les semaines ? Comment les parents peuvent-ils assurer leur rôle et proposer un futur réjouissant à leurs enfants quand tout est précaire autour d’eux ?

Les pouvoirs publics et les acteurs de la solidarité doivent créer les conditions pour préserver les droits de l’enfant, parmi lesquelles l’accès à un logement adapté, à la santé, à l’éducation, à la culture la socialisation, la non-séparation des familles, le sentiment de sécurité. Il faut permettre également la prise en compte de la parole de l’enfant.

Le lien entre précarité sociale et échec scolaire

La perspective, pour ces enfants, de sortir de la pauvreté interroge nécessairement le rôle de l’école, de sa capacité à permettre à tout enfant, quel que soit son milieu social, d’acquérir les bases qui, à terme, conditionneront l’apprentissage d’un métier et l’exercice de la citoyenneté.

Parce qu’elle accueille tous les élèves, quel que soit leur milieu social, l’école a pour rôle de contribuer à lutter contre la reproduction des inégalités sociales. Or, les études montrent qu’en France, l’école contribue à accentuer ces inégalités et que les enfants issus de milieux défavorisés sont davantage en échec scolaire. Un enfant n’échoue pas parce qu’il est pauvre, mais la plupart des enfants qui sont en échec scolaire vivent dans des familles aux faibles revenus. Ces mêmes enfants sont souvent victimes de discrimination due à leur situation sociale toutes les fois où ils ne peuvent participer à un voyage scolaire, être habillés correctement, pour les activités sportives par exemple, ou utiliser un ordinateur pour les recherches liées à leurs devoirs.

Une situation sociale qui reste d’ailleurs souvent méconnue de leurs professeurs et ce parfois pendant toute la durée de la scolarité.

Des acteurs multiples qui ne travaillent pas toujours ensemble dans une approche globale

Les familles en situation de précarité et leurs enfants peuvent être accompagnés par de multiples acteurs, sur des champs différents et qui ne se connaissent pas.

Une méconnaissance par les partenaires du travail réalisé par les associations de solidarité :

Ainsi en est-il par exemple de certains acteurs de la protection de l’enfance, de l‘éducation nationale, des réseaux d’écoute d’appui et de soutien aux parents (REAAP), des réseaux d’éducation populaires qui méconnaissent les actions des associations de solidarité.

Des partenariats pourraient permettre de mieux répondre aux besoins des familles et éviter certains écueils. Par exemple, les associations peuvent accueillir des parents, sans leurs enfants, ceux-ci étant parfois placés au titre de l’aide sociale à l’enfance. Cependant, bien souvent, seuls les interlocuteurs au titre de la protection de l’enfance sont auditionnés par le juge des enfants dans le cadre du suivi d’une mesure éducative alors que les associations de solidarité, qui connaissent les parents, voire les enfants au titre d’un droit de visite et d’hébergement, n’ont pas d’espaces de parole institutionnelle pour favoriser une meilleure connaissance des problématiques de la famille. Seul un partenariat souvent fondé sur des relations interpersonnelles permet de faire prendre en compte la plus-value de l’accompagnement social réalisé par les associations de solidarité.

Une méconnaissance des projets spécifiquement destinés aux familles par les associations de solidarité

De même, les associations de solidarité n’ont pas toujours connaissance des actions menées par les acteurs spécialisés. Pourtant, ces actions pourraient contribuer à améliorer la situation des familles dans le cadre d’un accompagnement global. A titre d’exemple, peu d’associations de solidarité connaissent l’initiative de l’Education nationale visant à « ouvrir l’école aux parents pour la réussite des enfants » (OEPRE)[1] alors que de plus en plus de familles migrantes allophones sont accueillies par les associations, elles même démunies sur l’orientation qu’elles peuvent proposer. Ces OEPRE visent à créer des espaces d'apprentissage pour les parents étrangers primo-arrivants autour de l'enseignement du français, de la découverte des valeurs de la République et du fonctionnement du système scolaire. Ces espaces pourraient accueillir les parents hébergés par les associations. Les REAAP offrent aux parents des espaces d’échange et de dialogue sur les difficultés dans les relations qu’ils entretiennent avec leur enfant. Cependant selon l’enquête de la fédération des acteurs de la solidarité réalisée en 2014, seuls 45% des structures interrogées de la fédération connaissent l’existence de ces réseaux.

RECOMMANDATIONS DE LA FEDERATION 

Investir dans l'enfance et la jeunesse

Ces constats et enjeux appellent une mobilisation plus forte de la Fédération sur les questions d’enfance et de famille, selon les logiques de prévention et d’investissement dans la solidarité mis en avant dans le cadre du congrès de la fédération en janvier 2017. Dans cette perspective, sont proposées ci-après des orientations et propositions, déclinées par un plan d’action pour aboutir à leur mise en œuvre.

-          Garantir le logement des familles et des enfants

-          Garantir la santé physique et psychique de l’enfant

-          Garantir que la parole de l’enfant et de l’adolescent soit prise en compte

-          Garantir l’accès à l’éducation et à la culture des familles et des enfants

-          Garantir la non stigmatisation de l’enfant

 


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