Grande cause nationale 2010 : la lutte contre les violences faites aux femmes

Réglementation


Lors de la journée du 25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le gouvernement a attribué le label « Grande cause nationale » pour l'année 2010 à un collectif de 25 associations de lutte contre les violences faites aux femmes.
Ce label décerné par le Premier ministre à des organismes à but non lucratif permet de favoriser le message d'une mobilisation politique plus forte contre toutes les formes de violences envers les femmes en France (violences verbales, physiques, psychologiques, sexuelles, économiques, civiques... ).

La campagne "Grande cause nationale 2010", à travers diverses actions nationales, territoriales ou locales, vise à :

- rendre visible les violences faites aux femmes en France,
- s'attaquer aux inégalités femmes-hommes et donc aux rapports sociaux de sexe, aux relations filles-garçons,
- assurer une meilleure visibilité de l'accompagnement des femmes,
- renforcer le soutien aux associations engagés dans la lutte contre ces violences.

En 2008, en France, quelque 156 femmes sont décédées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, soit un décès tous les 2,5 jours.

Au total, 675.000 femmes ont été victimes de violences lors des deux dernières années, soit de leur compagnon, soit d'un autre membre de la famille

A ces chiffres s'ajoute chaque année  70 000 mariages forcés , 65 000 viols ,    30 000 femmes ou fillettes sexuellement mutilées ou menacées de l'être , sans compter les violences exercées sur le lieu de travail difficilement quantifiables (harcèlement moral, sexuel).

Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Justice, lors d'un colloque « Femmes du monde en Seine-Saint-Denis » a exprimé la volonté du gouvernement d'accroître la mobilisation contre les violences faites aux femmes. « La lutte contre les violences conjugales implique une adaptation de notre droit », a-t-elle déclaré avant d'annoncer qu'un texte de loi serait soumis au parlement d'ici la fin de l'année.

Guy Geoffroy, député UMP de Seine-et-Marne et rapporteur de la mission d'évaluation de la lutte contre les violences conjugales, indique que le projet de loi, déposé ce mercredi 25 novembre, «marie de façon indissociable prévention, protection et répression». «Il ne faut pas croire que la prévention va tout régler, l'arsenal législatif dissuade aussi», continue-t-il..
Ainsi, en Espagne, la mise en place de 49 bracelets électroniques a permis de faire baisser de 30% le nombre de femmes décédées sous les coups de leur conjoint. Le député précise que la proposition de loi «contient un article pour que certaines professions en rapport avec les enfants ou avec les victimes aient une véritable sensibilisation à la relation homme-femme dès le plus jeune âge, à la parité...»

Pour lutter contre ce fléau, la Ministre de la justice, Garde des Sceaux, a annoncé une série de mesures destinées à lutter contre les violences conjugales. Des mesures juridiques mais aussi des solutions concrètes permettant la protection physique des victimes. La ministre propose donc d'équiper les personnes victimes de violences conjugales de portables d'urgence au maniement simplifié. Il suffira d'appuyer sur un bouton pour alerter la police, qui dépêchera en urgence une équipe. Ce dispositif, inspiré des travaux réalisés en Seine-Saint-Denis, sera expérimenté à partir du 23 novembre à Bobigny par une vingtaine de femmes.
Il viendra compléter l'arsenal de surveillance des conjoints violents déjà disponible, comme le bracelet électronique. Mais le port du bracelet ne peut juridiquement s'appliquer qu'aux personnes condamnées.
La garde des Sceaux entend aussi combattre le harcèlement dont les personnes violentées sont victimes en créant une "ordonnance de protection temporaire pour interdire à l'agresseur d'entrer en contact ou de séjourner à proximité de sa victime". Elle veut mettre fin à un véritable vide juridique concernant les concubins ou les personnes pacsées dont les conjoints violents ne peuvent pas être éloignés du domicile.

Autres objectifs : mettre en place un accompagnement des enfants, lors des visites familiales, et faire prendre en compte les violences psychologiques.

Enfin, "des aides financières d'urgence pourront être débloquées pour aider les femmes à subvenir à leurs besoins, seules".


La Secrétaire d'Etat chargée de la Famille et de la Solidarité, Madame Nadine Morano, a par ailleurs souhaité lancer, aujourd'hui, un nouveau spot audiovisuel sur les violences faites aux femmes. (rapelant le numéro national unique: 3919)
Ce spot audiovisuel a vocation à sensibiliser non seulement les victimes mais également leurs conjoints en mettant en scène une fillette et un garçon. Un choix très volontaire pour suggérer que : « Les enfants apprennent beaucoup de leurs parents y compris les violences conjugales».

Il sera diffusé gracieusement par des chaînes de télévision engagées sur cette cause à partir du 25 novembre 2009.
Madame Morano a également souhaité s'adresser à la communauté internet. Ce spot est donc d'ores et déjà consultable sur le site du Gouvernement dédié aux femmes victimes de violences :
http://www.stop-violences-femmes.gouv.fr/outils/nouvelle-campagne-contre-la-violence-faites-aux-femmes.html

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