Fondation de France : Maladies psychiques, accès aux soins et vie sociale

Contexte
Les maladies psychiques sont un enjeu majeur de santé publique. D’après les enquêtes en population générale réalisées ces dernières années, près de 3% de la population française présente des troubles mentaux. Pour 1% d’entre eux au moins, il s’agit de troubles graves (psychoses, schizophrénies…), avec un retentissement majeur sur leur vie affective, sociale et professionnelle. L’espérance de vie de ces personnes peut être inférieure de 15 ans à celle de la population générale.
La politique de santé mentale a connu des évolutions positives ces dernières années : reconnaissance de situation de handicap psychique, montée en puissance des associations de personnes directement concernées revendiquant leur citoyenneté et leurs besoins, création et développement des groupes d’entraide mutuelle (GEM), création de nouveaux services d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés ou de lieux de coordination tels que les Conseils locaux de santé mentale…
Les recherches internationales indiquent qu’un diagnostic précoce et une prise en charge rapide diminuent les risques de rechute et garantissent une meilleure qualité de vie. Or la prise en charge de ces maladies est encore, trop souvent, tardive. Il faut regretter des retards importants au diagnostic (jusqu’à 10 ans après les premiers symptômes) avec des recours fréquents aux hospitalisations en urgence.
De nombreux acteurs interviennent au quotidien dans l’aide et le soin aux personnes présentant des maladies psychiques. Mais ces diverses initiatives d’accompagnement ne relient pas suffisamment tous ces intervenants, entrainant ruptures ou impasses dans les parcours des personnes. Enfin, les familles, qui ont une place essentielle dans l’accompagnement de ces troubles, sont encore parfois mal accueillies dans les structures de soins, notamment lors des premières hospitalisations, ce qui peut générer tensions, incompréhensions, voire souffrance de cet entourage.
 
Objectifs
Face à ces constats, la Fondation de France souhaite permettre la création, ou l’essaimage, d’initiatives innovantes contribuant à l’amélioration de la situation des personnes souffrant de maladies psychiques et à leur insertion dans la cité, en favorisant la collaboration entre les divers acteurs de l’accompagnement.

Quelles sont les initiatives concernées ?
La Fondation de France examinera les projets qui :
1. favorisent l’accès aux soins : action permettant le repérage précoce de ces troubles ;​formation des intervenants de première ligne au repérage des signes de ces maladies ; soutien à la disponibilité et à la mobilité d’équipes pluridisciplinaires pour répondre aux situations de crise ou aux demandes non programmées.

2. contribuent à la fluidité des parcours de vie et de soins : accès à la citoyenneté et aide à la représentativité des usagers ; hébergement, logement adaptés et accompagnés ;accès à l’emploi, maintien dans l’emploi ;lieux de répit pour les usagers ;promotion de l’implication des usagers dans leurs soins ;amélioration de l’accueil et de l’accompagnement des personnes tout au long des soins en ambulatoire, et notamment au moment des premières hospitalisations ;meilleure articulation des différents temps du soin ;
meilleure articulation des soins psychiatriques et somatiques.

3. prennent et compte et soutiennent les proches : amélioration de la qualité de l’accueil et de l’information de l’entourage dans les lieux de soins et de vie, en vue d’une meilleure alliance thérapeutique ; séjours de répit.

Qui peut répondre ?
L’appel à projets s’adresse aux associations, aux équipes soignantes, médicales, et médico-sociales d’établissements à but non lucratif et aux collectivités locales. Les porteurs de projet doivent justifier d’au moins deux ans d’existence.

Quels critères de sélection ?
Les projets seront analysés en référence aux critères suivants :
Pathologies concernées : maladies psychiques invalidantes et évolutives entravant au long cours la vie quotidienne (schizophrénies, troubles bipolaires, et dépression majeure - hors autisme, maladie d’Alzheimer et syndromes apparentés). Public concerné : public large (adolescents, adultes et personnes âgées).

Caractéristiques du projet :
    -  participation effective des personnes souffrant de maladies psychiques à toutes les étapes de la construction et de la réalisation du projet ;
    -  autonomisation, citoyenneté et représentativité de ces personnes ;
    -  valorisation des compétences de ces personnes. Les projets s'appuyant sur la création d'un emploi salarié seront retenus préférentiellement quand ils feront appel à la candidature d'un travailleur en situation de handicap psychique.

Les initiatives devront faire la preuve d’une articulation effective entre les secteurs sanitaire, social et médico-social : liens formalisés, contacts identifiés, travail en réseau organisé ;d’une inscription du projet sur son territoire, notamment son articulation avec les dispositifs existants et en cohérence avec les politiques locales quand elles existent (en particulier, les ateliers santé ville, les contrats locaux de santé, les conseils locaux de santé mentale) ;d’une démarche de suivi et d’évaluation d’impact du projet, réfléchie et détaillée.

Calendrier de sélection des projets 2020
Dépôt des projets : jusqu’au 17 juin 2020 à 17h
Présélection des projets : juillet 2020
Décision communiquée par courrier : fin novembre 2020

L'appel à projets est ici

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